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Consommation

« Le juste prix, c'est celui qui paie le travail »

2 août 2019 | Mise à jour le 3 juillet 2019
Par
Entretien avec Arnaud Faucon, secrétaire de l’association INformation et DEfense des COnsommateurs Salariés (Indecosa-CGT).
Valse des étiquettes depuis le 1er février, négociations tendues entre la grande distribution et les producteurs… on a le sentiment que la loi alimentation n’a pas changé la donne.

Avec la loi Égalim, Emmanuel Macron a fixé à la grande distribution un niveau de marge assez important – 10 % – sur certains produits d’appel en créant l’illusion que ces marges allaient profiter par une sorte de ruissellement à la filière agricole et à l’industrie alimentaire. En réalité, on voit que les pratiques prédatrices de la grande distribution se perpétuent à l’occasion des négociations 2019 entre les centrales d’achat et les producteurs.

Elles détruisent de fait la valeur du produit dans laquelle il y a aussi du travail. La grande distribution jure la main sur le cœur qu’elle va prendre des mesures énergiques pour garantir au consommateur un impact moindre sur les prix, mais en réalité cela se traduit par une augmentation immédiate du prix de nombreux produits au 1er février.

D’une certaine façon, les consommateurs vont perdre le peu de pouvoir d’achat que le gouvernement a été contraint de lâcher aux gilets jaunes.

Que défendez-vous pour garantir le pouvoir d’achat et le juste prix ?

L’Indecosa-CGT milite notamment pour une meilleure visibilité de la part payée au producteur dans l'étiquetage. Il faut aussi revenir à des prix planchers qui garantissent aux producteurs de vivre de leur travail et d’avoir de bonnes pratiques environnementales et sanitaires. Nous militons aussi pour des conditionnements qui n’induisent pas le consommateur en erreur et qui rendent plus visibles les prix au kilo.

Enfin, parce que nous sommes l’association de défense des consommateurs salariés de la CGT, nous militons bien sûr pour une TVA à 0 % sur les produits de première nécessité. Mais la meilleure manière d’améliorer le pouvoir d’achat reste l’augmentation des salaires et notamment celle du Smic à 1 800 euros et la reconnaissance des qualifications. On en revient toujours au même point : le juste prix, c’est celui qui paie le travail.