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Le Medef en réclame toujours plus

3 septembre 2019 | Mise à jour le 3 septembre 2019
Par | Photo(s) : Éric Piermont/AFP
Le Medef en réclame toujours plus

Les 28 et 29 août, le Medef tenait son université d'été. Nouveau lieu : l’hippodrome de Longchamp ; nouveau titre : « Rencontre des entrepreneurs de France ». Mais ses exigences restent les mêmes : moins payer le travail et préserver les profits. Ainsi, si l’organisation patronale s’est dite satisfaite des réformes gouvernementales, elle en réclame toujours plus.

Le Medef n'en est pas à un sarcasme près. D'un côté, des dividendes qui explosent. De l'autre, un discours sur les inégalités. Rebaptisée « Rencontres des entrepreneurs de France » et déplacée du site de HEC vers l'hippodrome de Longchamp, l'université d'été du Medef, à laquelle a assisté une dizaine de ministres du gouvernement Philippe, a en effet mis en avant le thème des « inégalités ». Pour l'organisation patronale – qui a fait de Nicolas Sarkozy un invité d'honneur, après avoir renoncé à Marion Maréchal-Le Pen —, il s'agit de se donner une image de fidélité à la devise républicaine, mais surtout de prendre la mesure de l'ampleur des colères qui s'expriment dans la société.

Les dividendes versés au sein des pays du G7 ont augmenté trois fois plus vite que les salaires [en 2018 et 2019, ndlr] Oxfam France

D’autant que, quelques jours avant cette grand-messe des 28 et 29 août, le montant des dividendes versés par les multinationales au deuxième trimestre avait été révélé. Il atteint le record de 513,8 milliards de dollars, selon l'étude de référence publiée le 19 août par la société de gestion de fonds Janus Henderson Investors. Selon Oxfam France, « les dividendes versés au sein des pays du G7 ont augmenté trois fois plus vite que les salaires » entre 2018 et 2019. L'Hexagone y est même « de loin le plus grand payeur de dividendes en Europe » (+ 3,1 %, à 51 milliards de dollars) grâce, comme le rappellent Oxfam ou Attac, à une fiscalité favorable aux actionnaires.

Des inégalités en France ? Un malentendu pour le Medef…

Les auteurs (Jean-Baptiste Danet et Jean-Hervé Lorenzi) d'un rapport de la commission Économie, compétitivité et finance de l'organisation patronale, intitulé « Inégalités : comment réparer l'ascenseur social en France ? », le disent eux-mêmes : 78 % des Français considèrent notre société comme inégalitaire.

Pourtant, selon les rapporteurs du Medef, il s'agit d'un paradoxe, voire d'un malentendu. Car si les écarts de revenus sont importants (Danet et Lorenzi évitent d'aborder le thème des « salaires »), ils sont en partie comblés par la redistribution. En clair, par la protection sociale, les services publics et la solidarité. Ce qui n'empêche pas l’organisation patronale de plaider pour de nouvelles coupes dans ces budgets et une baisse drastique des dépenses publiques.

Autre rubrique de ce rapport : la « panne de l'ascenseur social ». Face à ce constat, le Medef continue de prôner la « société du risque » chère à son ancien numéro deux, Denis Kessler, et défend l'apprentissage au détriment d'une formation initiale plus complète pour le plus grand nombre. Pour le Medef, les réformes Blanquer s'avèrent donc être du pain bénit.

Réformes Macron : le patronat les salue mais en veut plus !

Pour Geoffroy Roux de Bézieux, le patron du Medef, les premières années d'Emmanuel Macron à l'Élysée ont donc généré un bilan globalement positif. Même s’il faudrait, selon lui, aller encore plus loin.

De son côté, Muriel Pénicaud, ministre du Travail, a cru pouvoir saluer sans rire l'engagement du patronat envers l'emploi ; quand Bruno Le Maire, ministre de l'Économie, il a promis de poursuivre la politique engagée par le gouvernement Philippe, et a notamment annoncé à Longchamp vouloir pérenniser sa politique d'aides fiscales pour les entreprises.

Quant à la retraite, le patron des patrons se réjouit de la réforme en cours, mais elle ne lui suffit pas. Alors que les salariés vont devoir travailler plus pour gagner moins, et que l'incertitude sur l'évolution de la valeur du point contribuera à leur insécurité, Geoffroy Roux de Bézieux voudrait tout à la fois augmenter la durée de cotisation et reculer l'âge de départ en retraite.

Pas sûr que les salariés soient dupes. Et ils sont venus le dire le 28 août, non loin de la grande scène patronale, à l'appel des organisations franciliennes de la CGT, de FO, de SUD et de la FSU. Avant de nouvelles mobilisations…

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