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SALAIRE

Leroy Merlin : la mobilisation inédite des salariés a payé

2 décembre 2021 | Mise à jour le 3 décembre 2021
Par | Photo(s) : Séverine Courbe / Maxppp
Leroy Merlin : la mobilisation inédite des salariés a payé

Rassemblement le 26 novembre 2021 des salariés grévistes du Leroy Merlin de Dourges.

Au terme de quatorze jours de grève, la séance de négociation du 30 novembre entre syndicats et direction de Leroy Merlin a abouti à un accord : les salaires seront revalorisés à hauteur de 3,9 % à compter du 1er janvier 2022.
Il aura fallu quatorze jours de grève et de débrayages dans les entrepôts logistiques et les magasins de l’enseigne de bricolage pour que la direction change de point de vue. Et lui arracher 65 euros mensuels d’augmentation des salaires, contre 40 euros initialement proposés.
Jugée satisfaisante par l’intersyndicale CGT-CFTC-CFDT-FO, et validée par les salariés, cette revalorisation des salaires reste néanmoins inférieure à la revendication initiale des syndicats qui, eux, demandaient 80 euros par mois. Ils avaient d’ailleurs unanimement refusé la proposition de 2 % d’augmentation générale (40 euros par mois) avancée par la direction, au motif – et non des moindres – qu’elle ne permettait pas de couvrir l’impact de l’inflation de 2,6 % (selon les calculs de l’Insee).

Des dizaines d’heures de négociation pour 65 euros

À l’arrivée, la mobilisation des salariés, inédite au sein de cette enseigne, aura permis d’obtenir 65 euros supplémentaires, soit 3,9 % d’augmentation générale des salaires pour 23 000 employés et agents de maîtrise de l’enseigne. « Après deux semaines de grève et des dizaines d’heures de négociation face une direction campée dans une posture strictement idéologique, nous avions tous bien conscience qu’il fallait que ça s’arrête avant que ça ne s’enlise », explique Romain Coussin, délégué central CGT de Leroy Merlin.
« L’effort est fait », de la part de la direction, s’est pour sa part réjoui Jean-Marc Cicuto, délégué central CFTC, à l’issue de la longue séance de négociation du mardi 30 novembre.

Le pouvoir d’achat, première préoccupation des salariés

Effective à partir de janvier 2022, l’augmentation de 65 euros sur treize mois représentera 845 euros supplémentaires à la fin de l’année pour chaque salarié concerné. À quoi s’ajoutera l’indemnité inflation de 100 euros versée par l'État, qui sera doublée par Leroy-Merlin. Destinée aux Français touchant moins de 2 000 euros net mensuels, elle devrait concerner environ 80 % des salariés de l’enseigne de bricolage.
De quoi compenser à minima l’impact de l’inflation sur les prix des biens de première nécessité qui est à l’origine du mouvement social déclenché début novembre dans les entrepôts de Leroy-Merlin, et qui a très vite gagné près de 52 magasins sur l’ensemble du territoire. « Dans les mois précédant la mobilisation, on sentait bien que la question du pouvoir d’achat était une préoccupation majeure des salariés, et pas seulement dans la branche bricolage du groupe Mulliez puisque à Decathlon, les salariés entrent en grève pour les mêmes raisonsgroupe Mulliez », fait remarquer Romain Coussin.
Se déclarant « fière » d’être parvenue à un tel accord, la direction de Leroy Merlin n’aura au final concédé que quelques miettes à des salariés qu’elle rémunère au niveau du Smic, entre 1 200 à 1 700 euros net en moyenne. À mettre en perspective avec les 8,9 milliards d’euros de chiffre d’affaires et les 800 millions d’euros de résultat net engrangés en France sur l’exercice 2021, qui sont essentiellement reversés aux actionnaires sous forme de dividendes.

Coût du travail versus coût du capital

Un gouffre si énorme entre coût du travail et rémunération du capital qu’il menace de faire scandale. Et de continuer de questionner les salariés, notamment dans le contexte de l’élection présidentielle de 2022 où, pour Romain Coussin, la question du pouvoir d’achat promet de cristalliser les débats : « Le meilleur enseignement de cette grève, c’est le moment où les non-grévistes sont venus remercier les syndicats de s’être battus pour des avancées sociales qu’ils croyaient impossibles à gagner. »
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