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COMMÉMORATIONS

Les commémorations dont on a peu parlé

24 août 2014 | Mise à jour le 25 avril 2017
Par | Photo(s) : DR
Les commémorations dont on a peu parlé

Cet été le Président fut omniprésent sur le front des commémorations. C’est légitime. Il serait temps qu’il prenne la mesure des drames du présent et qu’il change résolument de cap. Ce n’est visiblement pas son intention. Pourtant il y a urgence…

EMPLOI

Non seulement la courbe du chômage ne s'inverse pas mais elle continue de progresser. Fin juin la France comptait plus de 5 millions de sans emploi. Contrairement aux prédictions gouvernementales et aux promesses du Medef, le Crédit Impôt Compétitivité Emploi (CICE), le « pacte de responsabilité » et les d'aides diverses à hauteur de 220 milliards d'euros pour les entreprises, le nombre de demandeurs d'emploi atteint 3 398 300 en catégorie A. Soit une augmentation de 0,3 % et 9 400 chômeurs de plus qui ont grossi les chiffres de pôle emploi.

Pour l'ensemble des catégories A, B, C, ce sont 23 000 demandeurs d'emploi supplémentaires pour le seul mois de juin, qui connaissent désormais les affres du chômage sans beaucoup d'espoir de retrouver du travail. Au total, 5 043 200. Le chômage des jeunes baisse de 0,3%, grâce aux emplois aidés mais a dépassé les 20 %, le chômage des seniors continue d'augmenter de 0,9% soit + 11,5% sur un an ! Le chômage de longue durée progresse de 0,4% soit + 9,8% sur un an. La précarité se développe : les embauches en CDD atteignent des records : 84% des embauches.

CROISSANCE

La croissance française a été nulle au premier semestre 2014. . Il n’y aura certainement pas 1% de croissance comme l’avait prévu le gouvernement. Plus vraisemblablement entre 0,5 et 0,7 %, selon l’INSEE, le FMI et d’autres. Avec les risques de déflation que découvrent ingénument le Président et son Premier ministre.

Faut-il s'en étonner ? C'est la politique suivie et l’austérité imposée qui conduisent à la stagnation. Et comme cette politique s'est appliquée avec obstination dans tous les pays d'Europe, c'est l'ensemble de la zone euro qui est aujourd'hui en panne d'activité économique.

 

INDUSTRIE

Fait aggravant, qui laisse peu d'espoir pour un rebond d'activité, la production de biens manufacturés et l'investissement ont continué de baisser durant ce premier semestre en France, car, comme le rappelle avec force la CGT, « il n’y aura pas de redressement sans reconquête industrielle » ! Or, la production manufacturière a chuté de 1,2 % par rapport au premier trimestre et de 0,9 % sur un an. En fait de rebond attendu, c'est un véritable bond en arrière de 20 ans.

Dans le bâtiment la situation n'est guère plus rassurante. Au deuxième trimestre les mises en chantier de logements neufs ont baissé de 19,3 % par rapport à la même période 2013. De juillet 2013 à juin 2014, le nombre de logements mis en chantier s'élève à 305 700 en diminution de 9,2 % sur 12 mois. Nous sommes loin des 500 000 promis ! Or, on sait l'importance de ce secteur d'activité pour la relance économique et l'emploi.
La liste serait très longue des méfaits des politiques libérales mises en œuvre en France et en Europe et il n'est que temps d'y mettre un terme.

Il est légitime que les plus hautes autorités de l'État rendent hommage aux victimes des deux guerres mondiales, qu'elles commémorent la libération de Paris, qu'elles saluent l'avènement du Programme du Conseil National de la Résistance. Mais on ne peut s'empêcher de penser, au vu de la politique que le Président et son Premier ministre comptent bien poursuivre, qu'il s'est agi moins de commémoration que de communication.

Décidément il n'est d'espoir que dans la capacité du mouvement social à faire valoir ses exigences. Les syndicats ont un rôle décisif dans cette mobilisation et la CGT est bien décidée à y tenir toute sa place, « dans l'unité la plus large », comme le rappelle le communiqué de la confédération en réponse à la récente interview de François Hollande dans un quotidien.