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Coronavirus

Les Hôpitaux de Paris « jamais confrontés à un phénomène d'une telle ampleur »

17 mars 2020 | Mise à jour le 20 mars 2020
Par | Photo(s) : Anne Chaon/AFP
Les Hôpitaux de Paris « jamais confrontés à un phénomène d'une telle ampleur »

Un membre du personnel de l'unité de soins intensifs de l’Hôpital Bichat de l'AP-HP

Le directeur général de l'Assistance publique  – Hôpitaux de Paris (AP-HP), Martin Hirsch, affirme dans un entretien publié samedi par Le Monde que son institution n'a « jamais été confrontée à un phénomène d'une telle ampleur » que le coronavirus, mais que les équipes hospitalières sont « prêtes ».

« Je pense que jamais, de mémoire de professionnels, elle n'a été confrontée à un phénomène d'une telle ampleur avec une telle rapidité et une aussi forte complexité », estime-t-il.

« Sur les quelque 900 tests de dépistage pratiqués hier dans nos centres, environ 20 % étaient positifs », a-t-il relevé. « Il peut y avoir une augmentation des cas graves de 20 % à 30 % par jour », ce qui « représenterait 400 patients nécessitant simultanément des soins critiques en Île-de-France d'ici dix à quinze jours ». 

Une organisation inspirée par la grande épidémie de grippe de 2018

Pour s'organiser et « répartir les moyens », l'AP-HP s'est inspirée de l'année 2018 qui a connu une grande épidémie de grippe, en « appliquant les facteurs multiplicatifs spécifiques au Covid-19 ».

Alors que l'Italie est confrontée à l'obligation de trier les patients, « les réanimateurs expliquent qu'il ne faudra pas surinterpréter des décisions qu'ils prennent déjà hors de période de crise, comme ne pas engager une réanimation lourde sur des patients dont le pronostic est d'emblée défavorable », fait valoir M. Hirsch. 

1500 lits critiques

À l'AP-HP, « les lits de soins critiques sont au nombre de 1 500. Naturellement, en temps normal, 90 % sont occupés », a-t-il indiqué, précisant que vendredi déjà 44 % d'opérations non urgentes étaient déprogrammées. Ces déprogrammations ne concernent pas les opérations prévues pour les personnes atteintes d'un cancer ou en attente d'une transplantation, et « probablement pas » la pédiatrie. 

« Plusieurs milliers d'infirmiers en fin de cursus » sont « mobilisables » et « près de 4 000 soignants de toutes les spécialités, retraités depuis moins de cinq ans, ont été ou vont être appelés », a-t-il précisé, estimant que dans ce vivier « 400 à 600 » pourraient accepter de venir en renfort.

Les difficultés connues restent présentes

« Ce serait mentir que de prétendre qu'on aborde cette épidémie dans les meilleures conditions. Toutes les difficultés qui existaient et que nous reconnaissions avant la propagation de ce virus ne se sont pas effacées par magie. Personne ne les oublie ». Mais « si vous me demandez si les équipes de l'AP-HP sont prêtes, je n'hésite pas à dire oui ».

S'agissant des contaminations du personnel, M. Hirsch a indiqué que « 56 soignants étaient contaminés » et que « la majorité semble avoir été contaminée à l'extérieur de l'hôpital ».