Les sans papiers de Rungis à l'assaut du MIN
Opération coup de poing, ce jeudi 16 mars, sur le Marché d'intérêt national de Rungis. Depuis 5 heures ce matin, une centaine de travailleurs sans papiers et une soixantaine de militants CGT du Val-de Marne-occupent la tour Semmaris, siège administratif du MIN.
Publié le 16 mars 2017
Opération coup de poing, ce jeudi 16 mars, sur le Marché d’intérêt national de Rungis. Depuis 5 heures ce matin, une centaine de travailleurs sans papiers et une soixantaine de militants CGT du Val-de Marne-occupent la tour Semmaris, siège administratif du MIN.
Déterminés à être établis dans leurs droits par les diverses entreprises du Marché international de Rungis qui les emploient depuis des années, les travailleurs sans papiers et leur CGT l’assurent: ils ne lèveront le siège qu’à deux conditions: la délivrance des documents employeur nécessaires à leur régularisation (formulaires Cerfa), ainsi que celle du récépissé temporaire de la préfecture du Val-de-Marne, Sésame qui permet de lancer les procédures pour l’obtention d’une carte de séjour de un an.
Attroupés dans le hall du rez-de-chaussée de l’immeuble depuis l’aurore, les manifestants font résonner haut et fort leurs revendications, jusqu’aux derniers étages de la tour. C’est d’abord au directeur de la Semmaris, société qui gère le MIN, qu’ils les adressent, et pour cause : le MIN étant une société mixte dont l’État est l’actionnaire majoritaire, il s’agit, à travers la direction de Rungis, d’interpeller le gouvernement et de l’appeler à prendre toutes ses responsabilités. « Nous occupons la tour avec deux objectifs prioritaires : obtenir la régularisation de tous ces travailleurs, d’une part, mais aussi faire de cette question des conditions de régularisation des travailleurs migrants une lutte décisive contre la loi Cazeneuve », explique Benjamin Amar de l’union départementale CGT 94. Pour rappel, la dite loi Cazeneuve de 2016 a considérablement durci les conditions de régularisation des travailleurs migrants. Notamment en rétablissant le délit d’usurpation d’identité pour les utilisateurs d’« alias » (ceux qui travaillent sous un nom d’emprunt), mais aussi en imposant d’avoir un contrat de travail comme condition préalable à l’obtention de la carte de séjour d’une durée de un an.
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