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Les urgences de l’hôpital Saint-Antoine à Paris toujours en grève

23 août 2019 | Mise à jour le 26 août 2019
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Les urgences de l’hôpital Saint-Antoine à Paris toujours en grève

Entrée de l'hôpital Saint-Antoine à Paris 12e.

Six mois de lutte ont permis de décrocher six ou sept emplois (en stage jusqu'à la titularisation) à Saint-Antoine, et une prime d'environ cent euros (contre 300 revendiqués). Les moyens octroyés ne permettent en rien d'atténuer les heures d'attente. Aux urgences de nuit 90 % des personnels sont toujours en grève.

Des brancards dotés de liens de contention alignés les uns à côté des autres dans une grande salle. Des personnes de tous âges qui partagent le même espace, aussi bien pour des problèmes d'alcool qu'un accident domestique. Une cohabitation pénible avec des patients qu'une attente de plusieurs heures alors qu'ils sont malades et souffrants rend parfois agressifs face à des personnels débordés. C'est à cet endroit qu'a débuté en mars 2019 le grand mouvement qui concerne aujourd'hui 216 services d'urgences sur l'ensemble du pays.

« La première grève a éclaté à la suite de cinq agressions qui ont eu lieu en quelques jours. La direction n'a pas réagi et les personnels livrés à eux-mêmes ont été obligés de se déplacer en taxi pour porter plainte au commissariat », se souvient Haicha Haccoun, infirmière et secrétaire du syndicat CGT de l'hôpital Saint-Antoine. Interphones cassés, vidéo non fonctionnelle, vigiles non présents en permanence dans le service. L'étincelle qui fait basculer tout un service dans un mouvement de grève est d'abord une exigence de sécurité. Pour cela, il faut des matériels adaptés, des moyens en personnel et aussi compenser les conditions difficiles par du pouvoir d'achat. La prime de 300 € accordée aux policiers au moment du mouvement des gilets jaunes inspire les personnels qui le revendiquent aussi au nom des exposition aux violences.

« C'est parti de là, mais nous avons essayé d'élargir, d'expliquer qu'il est préférable de revendiquer du salaire plutôt que des primes, de la reconnaissance d'activité, mais aussi l'augmentation du nombre de lits en aval pour éviter des temps d'attentes, et un renforcement en personnels par des embauches, des titularisations », rapporte Haicha.

Les questions portent aussi sur l'organisation du travail. Décidément, le fait qu'il n'y ait pas de sectorisation des urgences en fonction de la pathologie et des situations, que tous les patients convergent au même endroit est aussi identifié comme source de dysfonctionnement.

Des formes de luttes spontanées

Dans cette situation de lutte, la CGT prend toute sa place et intègre l'intersyndicale. Mais personne n'appuie sur un bouton pour déclencher l'action. En mai, 80 % des personnels du service de nuit des urgences sont en maladie en même temps pour plusieurs jours. La plupart des arrêts de travail le sont pour dépression ou burn-out.

« Après des semaines de grève,  les gens étaient vraiment épuisés », commente Haicha, « Certains agents ont dû être requis pour faire 18 heures de service d'affilée, ce qui a provoqué à son tour une alerte au CHSCT ». Début juillet, des personnels s'injectent de l'insuline devant le ministère de la Santé. « C'étaient des doses symboliques pour montrer le degré d'exaspération et l'insuffisance des réponses, telles que 1,5 poste supplémentaire pour un service comme les urgences, ce qui ne correspond à rien »

Tout ceci conduit toutefois à certaines avancées et une prime de dangerosité d'environ 100 euros est avancée.

Le compte n'y est toujours pas

Pour l'heure, les fiches de paie qui afficheraient cette prime ne sont toujours pas arrivées. Des promesses sont aussi faites pour attribuer des primes de coopération ou de projets, mais dont le contour, le montant et condition d'attribution ne sont pas encore clairement définis. Une certitude toutefois : tous n'en bénéficieraient pas.

En région parisienne, le gouvernement tente des négociations établissement par établissement pour éteindre un feu qui désormais s'étend à tout le pays. Outre les organisations syndicales, un collectif interurgences s'est organisé.

À Saint-Antoine on se félicite que six ou sept postes aient pu être créés, avec une première étape de « stage » avant la titularisation. Mais on voit bien que cela ne suffit pas et que la question du nombre de lits en aval reste ouverte. « Et puis 100 euros de prime, ce n'est pas du salaire ni même les 300 euros demandés. Demain cette prime peut aussi bien être supprimée… » commente Haicha.

Il faut croire qu'elle n'est pas la seule insatisfaite puisque, six mois après le début du conflit, 90 % du service des urgences de nuit sont toujours en grève. La trêve estivale est donc loin d'avoir été une accalmie. Pour la rentrée, la CGT des établissements privés et publics de santé et d'action sociale à une grande journée d'action nationale le 11 septembre 2019.

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