Manifestation des chômeurs et précaires à l’appel de la CGT sur fond de colère sociale
Près de 15 000 personnes se sont retrouvées à Paris à l’appel de la CGT pour manifester contre le chômage et la précarité ce samedi 1er décembre.
Publié le 1 décembre 2018
Près de 15 000 personnes se sont retrouvées à Paris à l’appel de la CGT pour manifester contre le chômage et la précarité ce samedi 1er décembre. Un seizième appel national lancé dans un contexte de colère générale, et alors que l’assurance chômage est dans le collimateur du gouvernement.
À 22 ans, Marius, arrivé par train de Marseille avec 200 camarades, a déjà un CV bien rempli. Secteurs industriel ou agroalimentaire, vendeur en bricolage ou ouvrier dans le BTP, serveur dans les restaurants ou chez McDo, cela fait maintenant trois ans qu’il enchaine les petits boulots. « Beaucoup d’intérim et quelques CDI qui se sont terminés dès la fin de la période d’essai », précise-t-il. Mais aujourd’hui, au chômage et en fin de droits, ce jeune membre du comité marseillais des travailleurs privés d’emploi et précaires se retrouve « chômeur sans revenus ». Alors, s’il est monté à Paris, c’est pour revendiquer « le droit au travail et une indemnisation de tous les privés d’emploi ».
https://vimeo.com/303882316
Le patronat nous insulte, nous traite de fraudeurs, de feignants et d’assistés alors qu’il se gave d’exonérations fiscales, d’actions et de bonus et que c’est lui qui, avec le gouvernement, organise cette précarité pour mettre les gens en concurrence et faire pression sur les travailleurs et les salaires Tennesse Garcia, secrétaire général du Comité national des travailleurs privés d’emploi et précaires CGT
https://vimeo.com/303881948
Une précarité qui touche de plus en plus de secteurs, comme en témoigne la foule hétéroclite. Fonctionnaire des services publics dénonçant les nouvelles embauche « en contrats courts, y compris avec des contrats “horaires” », accompagnants d’élèves en situation de handicap recrutés « en CDD de 24 heures “éparpillées” par semaines qui empêchent de trouver un autre boulot », salariée de Pôle Emploi refusant de voir disparaître « l’essence de notre mission » pour voir celle-ci remplacer par une sorte de « police des chômeurs », tous constatent une dégradation très nette de leurs conditions de travail.
Ou de vie. Comme Michel, membre de la CGT Cheminots de Picardie. « Ça fait 43 ans que je me bats et aujourd’hui on me rabote ma retraite », constate-t-il amèrement quand son collègue Philippe, toujours en activité, craint pour l’avenir de ses trois filles. « Deux sont au chômage, la troisième bosse en intérim, elles sont diplômées ».
https://vimeo.com/303883519
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