18 mars 2026 | Mise à jour le 18 mars 2026
Ce mercredi 18 mars, les employés de la marque française Leboncoin, plateforme de référence de la vente entre particuliers, se sont mis en grève devant leur siège social à Paris pour dénoncer une dégradation des conditions de travail.
« Merci beaucoup à tous d’être ici. Aussi, une pensée pour tous les collègues qui font grève en télétravail et aussi sur les sites en région », scande Florine, déléguée syndicale de Leboncoin, géant de la vente en ligne entre particuliers, devant la cinquantaine de grévistes postés devant le siège social de la « marque préférée des Français » (dans la catégorie des sites de seconde main) ce mercredi 18 mars. En tout, Leboncoin emploie 1500 salariés sur l’ensemble de ses sites. Et si les employés se sont rassemblés au cœur de la capitale, soutenus par la CGT, Solidaires et la CFDT, c'est pour dénoncer une succession de changements et de décisions qui viennent fragiliser les conditions de travail. Avec une augmentation des risques psychosociaux au sein de l'entreprise, ainsi qu'une réduction du temps de télétravail, la vie d'une grande partie des salariés est fortement altérée. Des revendications que la direction n'écoute pas, et qui ont poussé les employés à se lancer dans la première grève de l’histoire de la société.
Un rachat et des débuts de tensions
Les prémices de cette mobilisation remontent à plusieurs années, et au rachat de l'entreprise par le consortium Blackstone/Permira (un attelage anglo-saxon, la première entreprise étant américaine, la seconde britannique) en mai 2024, avec une stratégie simple en tête : « C’est de rendre le groupe le plus rentable possible pour le revendre », explique Florine. À cela se sont ajoutées des réorganisations d'équipes, des postes supprimés et non remplacés, ainsi qu'un système managérial peu qualifié.
« Les gens sont en souffrance, j'ai des collègues en pleurs qui me contactent parce qu’ils sont usés par la pression constante qui va être posée sur eux », explique la déléguée syndicale. « Ce système, il peut bousiller des équipes, des employés. » Si cette pratique est un non-dit dans l’entreprise, elle pousse ses employés petit à petit vers le départ.
Des revendications fortes
Si les salariés de Leboncoin se sont unis ce mercredi 18 mars, c'est d'abord pour faire entendre leur voix : « On veut que les salariés puissent être écoutés, entendus, parce que Leboncoin, si c’est une des marques préférées des Français, c’est aussi parce que derrière il y a un engagement des salariés », revendique Florine. Au mégaphone, ils font part de leurs revendications et demandent « de rouvrir des négociations, de vraiment se poser et d’avoir un plan concret pour prévenir les risques psychosociaux, qui sont évalués à un niveau élevé sur l’ensemble des sites de l'entreprise », ainsi qu'une « revalorisation salariale qui puisse suivre l’inflation cumulée à hauteur de 15 % sur les quatre dernières années ».
Une volonté de sécuriser le travail des salariés dispersés sur l'ensemble du territoire, qui se retrouvent, avec cette nouvelle politique de réduction du télétravail, à payer de forts coûts de déplacement. Un employé explique : « Certains de nos camarades payent à peu près 700 euros de forfait TGV pour venir travailler. Alors il y a la prise en charge employeur de 50 %, certes, mais on reste sur un reste à charge qui est énorme pour les salariés. »
Autour du piquet de grève, Rémy Frey, représentant de l'union départementale de la CGT Paris, met en garde la direction au moment de proposer sa conclusion à ses camarades grévistes : « Si d’aventure la direction n'entend pas raison aujourd’hui et que vous souhaitiez renouveler l’expérience, on ferait en sorte que cela se poursuive. Un message à l’attention de la direction, un conseil d’expérience : quand on a autant de salariés dehors, il vaut mieux discuter tout de suite avant d’en avoir encore plus demain. »