
Des licenciements déguisés au coup de rabot : les dessous de la chasse aux ruptures conventionnelles
L’accord conclu en février, rejeté par la CGT, marque un nouveau coup de rabot pour les bénéficiaires des ruptures conventionnelles. Lire la suite

« Nous devons revoir notre système qui permet d'obtenir des niveaux d'indemnisation pour les salaires élevés qui sont trois fois supérieurs à ce qui se passe chez nos voisins », a affirmé Édouard Philippe le 26 février. Sa ministre du Travail est entrée dans le détail : « le plafond d'indemnisation est de 7 700 euros » tandis que dans le « deuxième pays [offrant la meilleure couverture, ndlr] en Europe, le Danemark » il est « de 2 700 euros par mois ». Muriel Pénicaud a donc clairement laissé entendre que le gouvernement privilégie la piste d'une baisse du plafond d'indemnisation.
Ce n'est pas la première fois que cette mesure est avancée, mais elle a toujours été fraîchement accueillie par les organisations syndicales. D'abord parce qu'elle met en opposition les différentes catégories de salariés, ensuite parce qu'elle rompt avec la logique de solidarité du régime. Aujourd'hui, il est financé par les cotisations sur les salaires et génère des droits proportionnels aux cotisations versées qui assurent le maintien du niveau de vie. Le gouvernement veut passer de ce système garantissant un maintien du niveau de vie à un système de filet de sécurité minimum avec des allocations d'un montant plafonné.
Et enfin, comme l'explique la secrétaire générale de l'Union générale des ingénieurs, cadres et techniciens (Ugict-CGT), Marie-Jo Kotlicki, ce plafonnement n'aurait aucun effet en termes d'équilibre des comptes de l'Unedic « car les cadres qui alimentent le régime pour 42 % des recettes, n'en perçoivent que 15 % en dépenses ».
Au contraire, selon les chiffrages des services techniques de l'Unedic le 15 janvier 2019, déplafonner les cotisations et les allocations jusqu'à 8 fois le plafond de la Sécurité sociale, à l'image de ce qui existe pour les retraites complémentaires, rapporterait 400 millions de ressources supplémentaires à l'assurance chômage. Déplafonner totalement les cotisations et allocations rapporterait 780 millions d'euros de ressources supplémentaires à l'assurance chômage.
Ces propositions sont accessibles en ligne sur le site de l'Ugict-CGT

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