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ÉVASION FISCALE

Le procès de la faucheuse de chaises de la BNP reporté

7 février 2018 | Mise à jour le 7 février 2018
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Le procès d’une militante d’Attac qui devait s’ouvrir hier devant le tribunal de Carprentras a été renvoyé au 7 juin. Cette retraitée de 70 ans devait comparaitre pour « vol en réunion » et «refus de prélèvement d’ADN » après avoir participé à un « fauchage de chaises » chez BNP Paribas pour dénoncer sa politique d’évasion fiscale.

Son procès devait s’ouvrir, hier, devant le tribunal de Carpentras. Il aura finalement été reporté au 7 juin prochain. Retraitée de 70 ans et ancienne proviseure de lycée, cette militante d'Attac devait comparaitre pour « vol en réunion » et « refus de prélèvement ADN », à la suite d'une action de fauchage de chaises menée en mars 2016 avec une dizaine de militants pour « dénoncer l'évasion fiscale que la banque pratique pour son propre compte mais aussi pour permettre à ses clients les plus fortunés d'échapper à l'impôt ». Elle encourt 5 ans de prison et 75 000 euros d’amende. Rien que ça.

Mobilisation payante

Ce n’est pas la raison invoquée par la juge pour reporter le procès mais la mobilisation citoyenne de plusieurs dizaines de militants devant le tribunal aura pesé. C’est en tous cas le sentiment de David Abautret, secrétaire du CE CGT au Crédit mutuel de Marseille, qui avait fait le déplacement avec une élue CGT de la MAAF en signe de solidarité. « En tant que syndicaliste CGT, c’était normal d’aller la soutenir, confie-t-il. C’était une colère légitime et citoyenne ». Pour lui, la lutte contre l’évasion fiscale est une évidence « quand on pense que la fraude fiscale équivaut à notre déficit public annuel [76 milliards d’euros en 2016, NDLR]… et que ce sont les citoyens qu’on met sur le banc des accusés pour un acte symbolique… » Et de préciser que les chaises ont été rapportées au Trésor public.

Qui vole qui ?

La BNP a renoncé à se porter partie civile, probablement inquiète de l’enjeu médiatique qui pourrait ternir l’image de la banque. Le jugement reste donc à la main des pouvoirs publics. « Alors qu'elle est inquiétée pendant que la BNP continue de pratiquer massivement l'évasion fiscale, Nicole Briend subit une injustice supplémentaire : le report du procès entretiendra la pression dans laquelle elle se trouve depuis plusieurs mois, s’indigne Raphael Pradeau, porte-parole d'Attac France. Nous sommes déterminés à exiger la relaxe de Nicole et nous appelons d'ores et déjà à la mobilisation jeudi 7 juin. Ce sont aux délinquants financiers de se retrouver sur le banc des accusés, et non à Nicole Briend qui a entrepris un acte d'intérêt général ». David, lui, reviendra la soutenir « parce que c’est normal » mais aussi parce qu’il est ressorti revigoré de cette mobilisation : « il y avait une vraie colère, de vraies critiques contre la finance d’aujourd’hui et l’injustice de l’évasion fiscale. C’était un mouvement structuré, une vraie porte d’entrée pour d’autre mouvements de contestation ».

Preuve que les actions d'Attac dérangent les banques et les multinationales, l'association est convoquée le 12 février au TGI de Paris pour répondre à l'assignation en référé d'Apple, qui tente de les réduire au silence. Eux, rétorquent : « nous ne nous tairons pas ! ».

Rendez-vous : 12 h 15, métro Cité, à Paris.