
Louvre : une grève capitale pour les salariés du musée
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Portraits réalisés par Charles Pollock.
Le monde industriel peine à être représenté dans l'art contemporain. C'est le constat d'Isabelle Rèbre, cinéaste et commissaire de l'exposition Quel Travail ? actuellement proposée par le Centre Tignous d'art contemporain à Montreuil. À travers les œuvres de plusieurs artistes, l'exposition corrige le tir en mettant en lumière le travail industriel, à travers toutes ses dimensions.L'exposition s'ouvre sur plusieurs tableaux de Charles Pollock (le frère du peintre Jackson Pollock), artiste abstrait et coloriste américain qui a traversé le siècle dernier. Dans les années 1930, il sillonne les États-Unis afin de saisir la vie des hommes au travail. Il peint ainsi le quotidien des dockers, mineurs, manœuvres, les trains de marchandises et les panaches de fumée, de même que la misère causée à la Grande Dépression. Il réalise également une série de portraits, sobres, à l'encre et à la gouache, de travailleurs et d'hommes et femmes de la rue, regards fixes, dans un geste qui rappelle celui du photographe américain Richard Avedon.
Presque un siècle plus tard, la plasticienne Pauline Pastry rend, elle aussi, hommage au monde industrieux et propose une réflexion sur la mémoire du passé ouvrier. Avec La Cabane, une maison en aluminium ornée de bas-reliefs, fabriquée selon des procédés industriels et contenant des cierges, elle évoque des soirées ouvrières à Montreuil. Après leurs journées de labeur, les ouvriers de la banlieue rouge avaient pour habitude de se cotiser pour acheter des livres et faire la lecture collectivement à voix haute. Cette installation fait écho à la vidéo Les dormeurs éveillés, qui restitue une séance de travail réalisée avec les opérateurs de l'usine Berard Controis. La plasticienne leur propose une lecture à voix haute de l'Atelier, un journal écrit par des ouvriers au mitan du I9ème siècle. Le quotidien de labeur du prolétaire du siècle dernier entre alors en dialogue avec celui des opérateurs d'aujourd'hui, redoublant la puissance d'évocation des textes.
Le bout de la chaîne, réalisée par Isabelle Rèbre, montre la répétition infinie du travail d'un ramasseur de canettes, qui charge d'imposants sacs poubelles sur son caddie, dans une rue de New-York. Par un plan fixe et une boucle ininterrompue, la vidéo se concentre sur ce travailleur invisible, alors que sa tâche est réalisée au grand jour, au milieu des passants qui l'ignorent. Dans La Pause, l'artiste propose des enregistrements sonores réalisés lors de la pause quotidienne d'ouvriers cheminots, dans un atelier de réparation du TGV à Bischheim en Alsace, dans les années 1990. S'y mêlent des considérations sur les relations femmes-hommes au travail, sur la tristesse d'une carrière professionnelle sans évolution, sur les slows que l'on danse entre collègues pour décompresser. En investissant un espace qui reste habituellement hors des regards et des oreilles, La Pause donne à entendre un recueil de confessions et de réflexions, à la fois intimes et profondes.Enfin, une série de photogrpahies, tirées en grand format, témoigne de la réalité du monde industriel contemporain. Le photographe Jean-Louis Schoellkopf a installé son objectif dans une filature et une usine chimique de Mulhouse et a demandé aux ouvrières et aux ouvriers de poser librement devant leurs outils de travail. S'ensuit un panorama de clichés grands formats, où la féminisation du travail industriel est soulignée, et où l'esthétique criarde des vêtements de travail et de l'environnement saute aux yeux.

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