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ÉCOLOGIE

Sainte-Soline : Julien Le Guet, porte-parole du collectif Bassines non merci, condamné à six mois de prison ferme

7 mai 2026 | Mise à jour le 7 mai 2026
Par | Photo(s) : Thibaud Moritz / AFP
Sainte-Soline : Julien Le Guet, porte-parole du collectif Bassines non merci, condamné à six mois de prison ferme

Les 25 et 26 mars 2023, les manifestations contre la construction d'une mégabassine à Sainte-Soline (Deux-Sèvres) ont été durement réprimées par les forces de l'ordre.

La cour d'appel de Poitiers a condamné, mercredi 6 mai, Julien Le Guet, militant opposé à la construction d’une énorme retenue d’eau artificielle destinée à irriguer les cultures, à six mois de prison ferme, qu’il devra effectuer sous le régime du bracelet électronique. La juridiction lui reproche, notamment, son rôle et sa participation à la manifestation des 29 et 30 octobre 2022 à Sainte-Soline, dans les Deux-Sèvres.

Extrêmement choqué. Pour Julien Le Guet, porte-parole du collectif Bassines non merci (BNM), le jugement rendu mercredi 6 mai par la cour d’appel de Poitiers, dans la Vienne, est difficile à avaler. La juridiction l’a en effet condamné à six mois de prison ferme, qu’il devra purger sous le régime de l’assignation à résidence avec bracelet électronique, pour sa participation, notamment, à la manifestation « Pas une bassine de plus », organisée les 29 et 30 octobre 2022, à Sainte-Soline, dans les Deux-Sèvres. Les faits qui lui sont reprochés, pourtant, semblent dérisoires : une « grillade party », le 2 octobre 2022 ; le vol d’une pelle ; l’inscription au marqueur effaçable sur un panneau de la Coopérative Océalia d’un message disant « Océalia, complice des bassines, signataire du protocole », et la dégradation d'un tuyau d’irrigation appartenant au groupement foncier agricole Charruyer.

Pour tous ces délits mineurs – mais qualifiés d’actes « éco-terroristes » par le ministre de l’Intérieur d’alors, Gérald Darmanin, (aujourd'hui garde des Sceaux) –, le porte-parole du collectif BNM s’est également vu notifier une interdiction de paraître à Sainte-Soline et à Mauzé-sur-le-Mignon pendant trois ans, ainsi qu'une interdiction de port d'armes. Le militant, pourtant, n’en a jamais porté aucune et se définit au contraire comme pacifiste. « C'est une pure opération de communication qui sert à appuyer le récit de Gérald Darmanin sur le supposé “éco-terrorisme” », affirme le militant.

« Je suis devenu une cible »

Alors qu'en première instance, Julien Le Guet n'avait écopé que de quelques amendes pour les dégradations à Sainte-Soline, en octobre 2022, le voici donc condamné à six mois de prison ferme. Bien que la peine ait été aménagée, elle n'en demeure pas moins excessive : « Dans ce procès pot-pourri, la cour d'appel a voulu rejuger point par point les dégradations commises lors de la première manifestation à Sainte-Soline, en 2022, et ne les imputer qu’à une seule personne : moi. Je suis devenu une cible. » Avant d’ironiser : « J’espère que j’aurai le même bracelet que Sarkozy parce que celui-ci ouvre beaucoup de portes… »

Pour le militant écologiste, ce jugement révèle une connivence entre le parquet et le gouvernement, puisque c'est ce dernier qui nomme les magistrats sur proposition du ministre de la Justice. « C'est d'ailleurs le parquet de Poitiers qui s'est auto-saisi dans le but d'aggraver les peines prononcées en première instance », souligne-t-il. Julien Le Guet assure cependant qu’il ne désarmera pas face à cette « procédure bâillon » et annonce qu’il envisage de se pourvoir en cassation.

Marathon judiciaire

Avant cela, le porte-parole du collectif BNM devra affronter un véritable marathon judiciaire. Julien Le Guet est en effet poursuivi pour avoir tagué « Pour Serge et les 200 blessés de Sainte-Soline : Dubée, Vestieu, Darmanin en prison » devant la gendarmerie de Niort, le 1er mai 2023. Pour cette inscription, il est convoqué par la cour d’appel de Paris, le 21 mai, afin de répondre de diffamation envers Emmanuelle Dubée, l’ancienne préfète des Deux-Sèvres ; puis, pour les mêmes faits, mais devant la cour d’appel de Poitiers, le 29 juin, envers Ludovic Vestieu, colonel de gendarmerie. Enfin, Julien Le Guet sera de nouveau convoqué par la cour d’appel de Paris, le 27 mai, pour avoir participé à l’organisation de la deuxième manifestation à Sainte-Soline, le 25 et 26 mars 2023.

Très soutenu par le collectif BNM mais aussi par le mouvement écologiste « Les Soulèvements de la Terre », la Confédération paysanne, la CGT des Deux-Sèvres, le syndicat Solidaires ainsi que par la CGT confédérale, Julien Le Guet assure qu'il ne reculera devant rien, « parce que la cause n’est pas seulement juste, elle est vitale ».