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G7 de Biarritz

Sommet du G7 à Biarritz : un autre monde est pourtant possible

28 août 2019 | Mise à jour le 28 août 2019
Par | Photo(s) : Ian Langsdon/AFP
Sommet du G7 à Biarritz : un autre monde est pourtant possible

Sommet du G7 à Biarritz

Fin du G7 qui s'est tenu à Biarritz, en France, le weekend dernier. Une nouvelle rencontre des chefs d'État ou de gouvernement des sept puissances économiques de la planète, qui poursuivent leurs politiques d'austérité. Écartés des débats, les altermondialistes ont tenu un contresommet.

Le grand raout biarrot du G7, rassemblant les chefs d'État et de gouvernement de l'Allemagne, du Canada, des États-Unis, de la France, de l'Italie, du Japon et du Royaume-Uni, vient de se terminer.

Qualifié de « grande réussite » par Donald Trump quand Emmanuel Macron, assurant qu'il faut rester « humble » en la matière, préfère insister sur « la grande unité et l'esprit positif sortis de ce G7 », ce millésime 2019, à l'image des précédents, garde son goût amer.

Certes, le coup de théâtre, coup de poker qu'ont constitué l'arrivée « surprise » du ministre des Affaires étrangères iranien et l'annonce d'une éventuelle rencontre à venir entre les présidents américain et iranien n'est pas une mauvaise nouvelle en soi. Tout comme l'intrusion inattendue dans les débats de la crise écologique annoncée par les feux qui ravagent l'Amazonie, venue rappeler brutalement, et concrètement, l'urgence des questions environnementales et climatiques.

Pompiers pyromanes

Reste que derrière les effets de manche et les belles paroles, le compte n'y est pas. Si unité il y a eu, c'est bien sûr la volonté de ne pas remettre en cause un système économique libéral et « multilatéral », soumis aux bons vouloirs des multinationales et ne profitant qu'à un nombre restreint. Ce, au prix d'une destruction systématique de l'environnement et au mépris des droits humains et/ou sociaux fondamentaux.

Car si la forêt amazonienne brûle, ce n'est pas parce que Jair Bolsonaro « a menti » comme l'affirme Macron, le programme du candidat Bolsonaro était assez clair en la matière, si elle brûle, c'est surtout pour faire place à la culture du soja, transgénique, qui nourrit le cheptel européen.

La France et ses grands groupes, tout comme ses partenaires du G7, préférant manifestement jouer un rôle de pompier pyromane, tant du point de vue environnemental que social, comme l'illustrent la série de traités de libre-échange internationaux passés par l'Europe ou leurs partenaires non européens du G7.

Difficile dans ces cas de parler de réduction des inégalités, ce qui était quand même à l'ordre du jour de ce sommet. D'autant moins que ceux censés être les mieux à même d'aborder ces sujets, syndicats, partis politiques organisations non-gouvernementales, associations de la société civile, altermondialistes, gilets jaunes… étaient repoussés à Irun, Bayonne ou Hendaye, à plusieurs kilomètres d'un Biarritz ultrasécurisé et entièrement barricadé.

L'altermondialisme en débats

Les mouvements altermondialistes, qui « contestent depuis longtemps la légitimité du G7, où des pays parmi les plus riches décident pour l'ensemble du monde » ont cependant réussi à se retrouver pour débattre d'une alternative aux politiques d'austérité des chefs d'État et de gouvernement des pays du G7.

En jeu, de nombreux débats « pour un autre monde », en sortant « du capitalisme et de la dictature des multinationales », autour des frontières et de leur abolition. « contre la destruction de notre planète (…), pour un monde radicalement féministe », pour le respect de « la diversité et de la liberté des peuples, pour un monde décolonial et sans discriminations (…), une démocratie sociale et les mêmes droits pour toutes et tous (…) un monde juste et basé sur la solidarité entre les peuples, contre les guerres (…) »…

Déploiement de forces

Pour autant, un déploiement de forces — quelque 13 200 policiers et gendarmes — a obligé les organisateurs du contresommet à annuler les manifestations prévues le dimanche pour « encercler » le G7. « Une restriction injustifiable de la liberté de rassemblement et de mouvement », selon Amnesty International alors que Ligue des droits de l'Homme parle d'« intimidations inacceptables », après la garde à vue de deux de ses observatrices « porteuses de matériel de protection, casques et lunettes, dans leur sac ». Intimidations dont ont aussi été victimes plusieurs journalistes.

Quant au secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, invité à s'exprimer lors d'une conférence intitulée « Fin du monde, fin du mois, même combat » organisée lors du contresommet, il rappelait que : « Avec les forêts qui brûlent en Amazonie, on a pu voir que la responsabilité du capital et des capitalistes est essentielle ». Un soutien sans équivoque à la première revendication des organisateurs de ce contresommet qui, n'en déplaise à Emmanuel Macron et ses amis du G7, appelle à sortir « du capitalisme et de la dictature des multinationales ».