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1er mai

Travail le 1er Mai : pour les employés de Terroirs d’avenir, c’est non

30 avril 2026 | Mise à jour le 30 avril 2026
Par | Photo(s) : Nina Breux Swysen
Travail le 1er Mai : pour les employés de Terroirs d’avenir, c’est non

Des employés de l'enseigne haut de gamme Terroirs d'avenir protestent contre la décision de leur employeur d'ouvrir pour la première fois deux boulangeries le 1er Mai 2026. Paris, 30 avril.

L'enseigne Terroirs d'avenir, qui compte 16 commerces de bouche haut de gamme à Paris et à Montreuil et emploie 150 salariés, s'engouffre dans la brèche ouverte par le gouvernement en voulant ouvrir deux de ses boulangeries pour la première fois un 1er Mai. Dans le même temps, le Conseil d'État estime regrettable la confusion engendrée par la communication du gouvernement.

Il flotte comme un goût de 1er Mai au pied du métro Faidherbe, à deux pas de la place de la Nation, à Paris. En cette veille de fête des travailleurs, jour férié obligatoirement chômé, des employés de Terroirs d'avenir contestent la décision de leur employeur, annoncée seulement le matin même au comité social et économique (CSE), d'ouvrir deux boulangeries de cette enseigne, qui se veut éthique et socialement responsable. L'entreprise, qui compte seize commerces de bouche haut de gamme (boucherie, boulangerie, épicerie) à Paris et à Montreuil et emploie 150 salariés, s'est engouffrée cette année dans la brèche ouverte par le gouvernement, qui s'est visiblement donné comme priorité d'étendre le travail le 1er Mai.

« Carottez pas le 1er Mai ! »

« On travaille déjà tous les samedis et souvent un dimanche sur deux sans être majorés. Aujourd'hui, ils s'attaquent au seul jour férié et chômé sacré. Les autres jours fériés sont quasiment banalisés, on travaille en étant juste payés un peu plus. Le gouvernement s'attaque encore aux droits des travailleurs, conquis parfois dans le sang, comme nous le rappelle l'histoire du 1er Mai », témoigne Livio, employé boucher.

Une banderole attachée entre deux arbres donne le ton : « Terroirs respecte la saisonnalité mais pas les salariés. Carottez pas le 1er Mai ! » Un slogan qui souligne les paradoxes de telles enseignes, qui se vantent de célébrer l'alimentation saine, le respect des paysans et des saisons, tout en cherchant à maximiser les profits et en favorisant la surconsommation. « Le 1er Mai, on ne bosse pas. Votre faux volontariat, on n'en veut pas », scandent les manifestants devant une boulangerie du groupe. « La direction a envoyé un message aux salariés quelques jours après le communiqué du gouvernement. Finalement, comme elle n'a pas trouvé suffisamment de volontaires, elle a rétropédalé et a décidé d'ouvrir deux boulangeries au lieu de quatre », raconte Félix, employé en épicerie.

Le gouvernement empêtré dans sa com'

Poursuivant sa lubie, le gouvernement a en effet publié un communiqué le 17 avril, où il annonçait son intention de présenter un projet de loi visant l'ouverture le 1er Mai des boulangeries-pâtisseries et des fleuristes artisanaux par accords de branche. Mesure qui, sous réserve d'être adoptée, entrerait en vigueur pour le 1er mai 2027. En attendant, « le gouvernement appelle toutes les parties prenantes au pragmatisme et à la modération pour permettre un fonctionnement apaisé des boulangeries pâtisseries et des fleuristes artisanaux », pouvait-on encore lire dans le communiqué.  Mercredi 29 avril, l'Union des syndicats CGT de Paris et la CGT travail emploi formation professionnelle (qui défend les inspecteurs du travail) ont déposé un recours devant le Conseil d'État, en parallèle de ceux déposés par le syndicat Sud et des députés écologistes, contre « la décision du Premier ministre […] de donner aux services de l'État des instructions pour que les artisans des secteurs de la boulangerie-pâtisserie et des fleuristes artisanaux ouvrent leurs commerces le 1er mai 2026, sans s'exposer à de quelconques conséquences ».

Autrement dit, un appel à la fraude pour la CGT. Laquelle considère en outre que « la décision du gouvernement porte atteinte à plusieurs libertés fondamentales, comme la liberté syndicale et la liberté de manifester, ainsi qu’au droit au respect de la vie privée et familiale. Elle porte aussi atteinte à l'indépendance de l'inspection du travail », explique Baptiste Pagnier, de la CGT. Le conseil d'Etat a considéré que le gouvernement ayant supprimé son communiqué de presse le 28 avril, il n'y avait plus lieu de statuer sur les trois recours déposés par des syndicats et des députés. La plus haute juridiction administrative a aussi jugé « regrettable la confusion persistant dans le public sur la portée de la communication gouvernementale ».