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Ce que coûte le capital aux entreprises.

20 février 2015 | Mise à jour le 24 novembre 2016
Par | Photo(s) : DR
Ce que coûte le capital aux entreprises.

Si tout le monde disserte sur le coût du travail, le coût du capital reste un tabou. Pourtant, il est depuis près de trente ans devenu prohibitif. Retour, avec l'un de ses auteurs, sur une étude qui tente de l'évaluer.
Laurent Cordonnier est maître de conférences à l’université Lille 1 et chargé de cours à Sciences-Po Lille. Il est chercheur au Centre lillois d’études et de recherches sociologiques et économiques (Clersé – CNRS) et membre des Économistes Atterrés.

Votre étude parle de coût du capital et de surcoût du capital, pouvez-vous nous éclairer sur ces différentes notions ?

Laurent Cordonnier : Il peut en effet exister une confusion. Parce que le capital lui-même a deux sens très différents. Quand on parle du capital, on peut parler du capital au sens productif. On fait alors référence aux moyens de production machines, usines, infrastructures, matériel de transport, ordinateurs etc. qui sont immobilisés dans l'entreprise à des fins productives pour s'associer au travail et améliorer son efficacité. Ce stock de biens d'équipement s'use ou devient obsolète et on doit donc chaque année en renouveler une partie pour maintenir ses performances. Ce sont ces dépenses qu'on pourrait appeler le coût économique du capital. On peut le mesurer en ne considérant que la partie qui s'use ou devient obsolète, représentée par les amortissements, ou en prenant en compte tout l'investissement en biens capitaux neufs parce qu'on considère que l'entreprise doit aussi progresser et ne pas simplement reconduire à l'identique son capital productif. Voilà pour le premier sens du capital, le capital comme moyen de production.

Et qu'en est-il du deuxième sens ?

Laurent Cordonnier : C'est le capital entendu comme moyen de financement accordé aux entreprises pour acheter ces biens. Comment en effet l'entreprise est-elle devenue propriétaire de ces équipements, comment a-t-elle pu se les acheter ? Il y a deux réponses possibles. Soit elle les a acquis avec les fonds propres de l'entreprise, c’est-à-dire les profits mis en réserve ou les augmentations de capital, soit elle a emprunté. Dans le premier cas elle a eu recours à l'argent de ses actionnaires, dans le second à l'argent des prêteurs. Mais les prêteurs comme les actionnaires réclament une contrepartie pour l'avance de leur épargne : ils sont rémunérés soit sous forme de dividendes soit sous forme d'intérêts. Au coût économique du capital s'ajoute donc un deuxième coût : le coût de son financement constitué des intérêts et des dividendes.

Que représente alors le surcoût du capital ?

Laurent Cordonnier : Nous y arrivons. Il convient de bien distinguer ces deux coûts, économique et financier. Il va de soi qu'on ne peut pas contester l'utilité du premier. Le deuxième est en revanche plus discutable.

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