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ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR

L'Université Lyon 2 sous cure d'austérité, les plus précaires trinquent

13 janvier 2026 | Mise à jour le 13 janvier 2026
Par | Photo(s) : Maxime JEGAT / Maxppp
L'Université Lyon 2 sous cure d'austérité, les plus précaires trinquent

La CGT s'oppose à la perspective annoncée d’externaliser une partie des services, notamment de nettoyage, conformément à ce que prévoit le plan d’austérité budgétaire.

L’Université Lyon 2 est endettée, et le budget 2026 table sur un déficit de 6,4 millions d’euros. Le rectorat impose, de source syndicale, une baisse de la masse salariale via l’externalisation de certains services, dont celui du ménage.

À l’Université Lyon 2, la cure d’austérité bat son plein. Avec un déficit prévu de 6,4 millions d’euros en 2026, la fac doit trouver une solution pour remonter la pente économique, sous la pression du rectorat, qui veut absolument une baisse de la masse salariale, agitant la menace d’une mise sous tutelle. Pour ce faire, la direction a trouvé une solution : ne pas renouveler les fins de contrats des postes techniques pour pouvoir les externaliser. Une décision déjà prise depuis plusieurs années, avec 20 agents d’entretien issus de la sous-traitance, et toujours une cinquantaine sous contrat avec l’Université.

Recours accru à la sous-traitance

Mais ce marché public doit être renouvelé en mars, et le Conseil d’administration (CA) de l’Université a pris la décision d’étendre cette sous-traitance à six nouveaux postes, pour 40.000 euros d’économie par an, qui remplaceront « exclusivement des départs de personnels (de nettoyage pour le moment) à la retraite notamment », explique l’Université.

La CGT multiplie les communications et a organisé une grève le 3 octobre dernier, à l’occasion du Conseil d’administration qui devait acter le plan d’austérité. « Ça c’est un peu échauffé, et le lieu a été envahi, le vote n’a pas pu avoir lieu. Malheureusement, ils ont reconvoqué le CA dix jours plus tard, cette fois dans le rectorat qui est très bunkerisé. C’était impossible de réorganiser une grève efficace. Ils ont eu leur vote au forceps, et avec la minorité des voix si on additionne les votes contre et les abstentions », confie Julien Louis, élu CGT au Comité social d’administration (CSA).

Conséquences catastrophiques

Les syndicats se retrouvent dans un bras de fer engagé avec une direction qui reste sourde aux protestations, malgré des arguments publiés dans un mail adressé à l’ensemble de l’université, tirés d’un rapport de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), datant du 17 octobre dernier, qui souligne que l’externalisation de ces services provoque des conséquences catastrophiques : intensification du travail, diminution des revenus, isolement, augmentation des accidents du travail… Ce courrier a provoqué l’ire de la direction. « Ils ont voulu renverser l’accusation en disant que c’est nous qui étions maltraitants en inquiétant inutilement les collègues du ménage sur leur avenir professionnel », raconte Julien Louis.

Les salariés ont peur pour leur travail

Le délégué syndical est inquiet pour la suite. « On ne peut pas demander au personnel de ménage de rentrer en grève, déjà on les voit peu parce qu’ils sont en horaires décalés, et en plus ils sont tellement précaires qu’ils ont souvent peur pour leur travail », souffle-t-il. Mais les syndicats ne cèdent pas et réfléchissent à différents recours contre ce marché public, « qui s’élève quand même à 4 millions d’euros pour 4 ans ». Le comble, grince Julien Louis, « ce ne sont même pas de vraies économies. Cela va réduire la masse salariale, sans, au final, coûter moins cher à l’Université ». Et de rappeler que cette mesure « est la plus dégueulasse, mais loin d’être la seule » dans cette cure d’austérité forcée.

Nathan Lautier