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GRANDE DISTRIBUTION

Redressement judiciaire de magasins Carrefour : à Rennes, les salariés toujours mobilisés

20 janvier 2026 | Mise à jour le 20 janvier 2026
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Redressement judiciaire de magasins Carrefour : à Rennes, les salariés toujours mobilisés

La multiplication de la location gérance au sein des magasins Carrefour se traduit par des droits sociaux revus à la baisse pour les employés.

Rien ne va plus pour Pont de Bois. La société finistérienne ayant repris en location-gérance quatre hypermarchés Carrefour en Bretagne, à Rennes (Ille-et-Vilaine), Guingamp (Côtes-d’Armor), Saint-Renan et Plouzané (Finistère) est en redressement judiciaire depuis fin novembre 2025. C’est l’incertitude pour environ 650 salariés du groupe.

« On a déjà beaucoup perdu avec cette location-gérance, mais Pont de Bois a perdu des millions » résume Benjamin Gouézigoux, délégué CGT de Carrefour Alma à Rennes. Il a assisté à l’audience du 14 janvier 2025 au tribunal administratif de Rennes. « Carrefour reste sur ses positions, à savoir dénoncer ce contrat. » Il expire le 28 février 2026, après quatre ans de collaboration. « Mais on n’a pas de contacts avec Carrefour, ils s’en foutent » précise-t-il. La société Carrefour a d’ailleurs brillé par son absence, l’occasion pour Pont de Bois de charger l'enseigne de grande distribution. Deux délégués CGT ont pu s’exprimer durant quelques minutes, se faisant la voix de tous leurs collègues. Ils ont parlé du « climat social délétère » au sein du magasin Carrefour Alma à Rennes, de leur refus de travailler pour Pont de Bois, des comptes de 2014 qui n’ont pas été présentés en CSE l’année suivante – ce qui est illégal. « Les avocats ne savaient plus quoi dire. Notre parole face à la justice a eu du poids, ça a mis un coup au moral de Bernard et Pierre Guillerm, à la tête de Pont de Bois », raconte Benjamin Gouézigoux.

Des salaires versés avec retard

La raison de ce redressement judiciaire est un bras de fer entre Carrefour et Pont de Bois, qui s’est mis en cessation de paiement afin de dénoncer le contrat les liant. C’est le cas avec d’autres sociétés travaillant avec Carrefour ailleurs en France. « Qu’ils règlent leurs problèmes entre eux » estime Benjamin Guouézigoux, « car ça se fait toujours sur le dos des salariés ». Pour preuve, les salaires n’ont pas été versés fin novembre 2025 comme d’habitude, mais le 3 décembre. Et encore! Les employés n’ont perçu que seulement 200 euros. Le fonds de garantie a vite pris le relai, « mais dans un tel contexte, quelques jours de retard de paiement ça fait peur », témoigne Benjamin Gouézigoux. Dans les pages du quotidien Ouest France, l’un des dirigeants de Pont de Bois, Pierre Guillerm assure pourtant que « nos magasins Carrefour fonctionnent très bien » Si le contrat avec Pont de Bois expire, Carrefour le récupère pour le confier à une autre société de location-gérance. « On remet une pièce dans la machine de l’incertitude », illustre Benjamin Gouézigoux.

Zero confiance

« On n’a plus rien à perdre » continue-t-il. À Rennes, le moral est toujours aussi bas, les doutes perdurant depuis plusieurs mois désormais. Mais le rapport de force collectif est tout aussi présent. « On envisage de se mobiliser contre les horaires de coupures qu’on nous a imposé. » Dans le cas où le contrat de gestion du Carrefour Alma est repris par une autre société, les salariés se préparent à se battre de nouveau si besoin. « Maintenant on a quatre ans d’expérience pratique de la location-gérance. On part avec zéro confiance envers qui que ce soit. Et les syndicats seront toujours là », assure Benjamin Gouézigoux.