
Mobilisation face aux plans antisociaux
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Ubisoft veut supprimer jusqu'à 200 postes au sein de son siège français.
Ubisoft, entreprise française dont la capitalisation boursière a explosé en vol en 2025, a proposé une rupture conventionnelle collective au sein de Ubisoft International à Saint-Mandé, son siège social. Jusqu’à 200 salariés sont concernés sur les 1100 que compte le siège, soit près d’un cinquième des effectifs.
L’entreprise, dans un communiqué, précise : « Il ne s’agit que d’une proposition, et aucune décision ne sera définitive tant qu’un accord collectif n’aura pas été conclu avec les représentants du personnel et validé par les autorités françaises ». L’accord ne concerne que le siège social, soit majoritairement des postes de direction ou de fonctions support.
« On paie les erreurs stratégiques des patrons », tancent les délégués syndicaux CGT de Ubisoft, qui rapportent « beaucoup d’incertitude, de crainte, à la suite de ces annonces, même au niveau monde. »
Jeudi 22 janvier, l’entreprise a annoncé l’annulation de six jeux. Non content de ces annonces au grand public, la direction a annoncé se lancer dans une vaste cure d’austérité, pour économiser au moins 200 millions d’euros sur deux ans. Cela va passer, notamment, par une nouvelle vague de licenciements et la fermeture de studios à l’étranger. Depuis 2022, le géant français s’est séparé d’environ 20% de ses effectifs, via des licenciements ou des départs non remplacés.
Une restructuration interne, avec la fin du télétravail négocié lors du Covid, a mis le feu aux poudres, poussant les salariés d’Ubisoft Montreuil à se mettre en grève ce même jeudi 22 janvier, actant un ras-le-bol et un climat social catastrophique chez l’éditeur de jeux vidéo, toujours marqué profondément par la vague MeToo qui l’a secoué. Pour rappel, trois cadres de l’entreprise avaient été condamnés pour harcèlement moral, sexuel et une tentative d'agression sexuelle.
« On a eu deux, trois, quatre, cinq, jeux qui se ramassent à la suite, des jeux qui coûtent des millions. Le problème ne vient pas du télétravail, c’est un contre-feu qui impacte énormément », s’agacent les délégués syndicaux, qui rappellent : « On a eu une longue négociation de plusieurs années pour accéder à trois jours de télétravail et deux jours en présentiel alors que les salariés s’étaient adaptés (au télétravail adapté, certains salariés avaient déménagé en région pendant le Covid, NDLR). Trois mois plus tard, la direction nous dit : en fait on repasse à 5 jours en présentiel… »
« Les salariés ne sont pas des biens-meubles, quand on change des conditions de travail, il faut qu’il y ait quelque chose en échange, et des discussions. C’est un total mépris du dialogue social, ils renient tout », insistent les délégués syndicaux, qui insistent : « On ne veut pas que les salariés soient les variables d’ajustement » de l’entreprise. Et d’appeler leurs collègues à une réunion publique jeudi 29 janvier, pour décider collectivement de la marche à suivre après les annonces en cascade de leur direction.
Nathan Lautier

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