8 mars 2026 | Mise à jour le 8 mars 2026
La CGT a appelé à une grève féministe du travail à l'occasion de cette journée internationale des droits des femmes ce dimanche 8 mars. Nécessaire tant les inégalités de revenus perdurent. Et alors que le masculinisme se fait de plus en plus violent au point de devenir un enjeu de sécurité publique.
Aux côtés d'une quarantaine d'associations et organisations, la CGT appelle le 8 mars à une grève féministe du travail, des tâches domestiques et de la consommation pour mettre en lumière le rôle crucial joué par les femmes et réclamer l'égalité. En 2023, les revenus des femmes, qui travaillent plus souvent à temps partiel, étaient encore en moyenne de 22 % inférieurs à ceux des hommes, contre 14,2 % en moins en équivalent temps plein. La Journée internationale de lutte pour les droits des femmes s'inscrit sous le signe du combat contre la montée des idées réactionnaires dans le monde. Partout, les femmes sont les premières victimes des violences quand l'extrême droite étend son influence et que les tenants du capital se plient aux intérêts du patriarcat. Le 3 février, des perquisitions ont eu lieu dans les locaux français du réseau social X (ex. Twitter), propriété d'Elon Musk. Cette opération de police fait suite au nombre considérable d'images sexualisées qui ont envahi le réseau social par le biais de l'intelligence artificielle Grok. L'assistant IA de X propose en effet une fonction permettant de détourner des photos de femmes ou de jeunes filles, à leur insu, en les déshabillant. Un signe de plus que le mouvement de backlash contre les femmes gagne en ampleur.
Sexisme « paternaliste », sexisme « hostile »
Dans son dernier rapport sur l'état du sexisme, le Haut Conseil à l'égalité (HCE) sonne l'alarme sur la montée de l'adhésion au masculinisme, en particulier sur les réseaux sociaux. Pour la première fois, son baromètre établit une distinction entre deux sexismes « problématiques » : le « paternaliste », qui valorise les rôles traditionnels entre les sexes dans la société, et le sexisme « hostile », un masculinisme qui dévalorise les femmes et nourrit une haine à leur égard, auquel déclarent adhérer 17 % de la population française. Pour le HCE, cette détestation des femmes doit être un enjeu de sécurité publique, car les masculinistes se posent en victime face aux avancées féministes pour justifier l'usage de la violence à l'encontre des femmes. L'instance préconise donc une meilleure régulation des réseaux sociaux ainsi que la reconnaissance du « terrorisme masculiniste ».