
À Saint-Avold, le maire RN interdit la « Fête populaire » de la CGT
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Depuis janvier 2026, le nombre de suicides à la SNCF a fortement augmenté : pas moins de 13 cas ont été recensés au cours des cinq premiers mois de l'année.
Les quatre syndicats représentatifs de la SNCF appellent à un mouvement de grève, mercredi 10 juin, pour s'opposer aux réorganisations en cours et réclamer « l'état d'urgence face à la multiplication des drames », comme l’énonce le communiqué de l’intersyndicale (CGT, CFDT, Unsa, Sud). Ils demandent également « l'ouverture de véritables négociations salariales au niveau du groupe SNCF », pour faire face au contexte inflationniste.
Sur le terrain, les syndicats disent recueillir de nombreux témoignages de salariés qui affirment « ne plus en pouvoir » : cadences accrues, crainte d'être transférés dans une filiale à la faveur des réorganisations, peur de voir leur poste supprimé… Autant de situations qui ont conduit les syndicats à se mobiliser « pour tenter d'apporter une réponse unitaire à la souffrance des salariés ».
« Nous sommes à la croisée des chemins avec la mise en œuvre concrète de la réforme de 2018, l'ouverture à la concurrence et un empilement de réorganisations qui vont dans tous les sens et participent au mal-être des cheminots sur le terrain », affirme Sébastien Nugou, conducteur de train et secrétaire fédéral de la CGT Cheminots. Même constat du côté de Sud-Rail, qui demande « un moratoire sur les réorganisations, afin de mettre un coup d'arrêt à toutes ces souffrances », par la voix de Fabien Villedieu, secrétaire fédéral du syndicat.
Depuis janvier 2026, le nombre de suicides à la SNCF a en effet fortement augmenté. Treize cas ont été recensés au cours des cinq premiers mois de l'année, contre sept pour l’ensemble de l’année 2025. L'entreprise souligne, pour sa part, le caractère « multifactoriel » de ces drames, qui mêlent difficultés personnelles, sociales et professionnelles. Un constat partagé par l'ensemble des syndicats, mais ces derniers pointent tout de même des responsabilités indirectes : « Il y a un tel niveau de réorganisations à la SNCF que cela crée un climat anxiogène. L'intensification de l'exploitation, les suppressions de postes, les décalages d'horaires… Tout cela combiné crée une souffrance généralisée au travail », détaille Fabien Villedieu. Et, selon lui, ces réorganisations sont particulièrement mal vécues sur le terrain : « On n'a jamais vu autant de collègues en souffrance sur leur tournée. »
Le nombre de suicides n'est pas le seul indicateur en hausse. Selon les chiffres avancés par la CGT Cheminots et Sud-Rail, les accidents du travail auraient bondi de 15,9 % cette année. En trois ans, cette hausse serait, selon les syndicats, de 50 % et ne devrait rien au hasard : « Le renouvellement important du personnel sans statut, des formations insuffisantes ou dispensées sur le tard, la diminution des effectifs dans les emplois industriels, l'augmentation du travail de nuit, les sorties d'astreinte en effectifs réduits… Tout cela crée les conditions d'une telle augmentation des accidents du travail », explique Sébastien Nugou.
Selon lui, la SNCF cherche, depuis plusieurs mois, à contenir cette hausse par le biais d'une prime : moins il y a de déclarations d'accident dans une équipe, plus la prime est importante – et inversement. « Ce qui entraîne, évidemment, la sous-déclaration des accidents », dénonce Sébastien Nugou, qui évoque également la tenue, dans certains ateliers, de « challenges », avec des pizzas offertes et des chèques-cadeaux pour pousser à la sous-déclaration. Une pratique qui peut avoir de lourdes conséquences : « Avant, lorsqu'un conducteur était confronté à un accident de personne, il était systématiquement relevé de service pendant quelques jours et orienté vers un psychologue. Aujourd'hui, s'il ne déclare pas l'accident, il peut reprendre la conduite dès le lendemain, voire le jour même. »
De son côté, la SNCF assure agir sur le terrain depuis plus d'un an avec, notamment, la mise en place d'une semaine consacrée à la santé mentale et d’un programme d'accompagnement humain et de prévention des risques psychosociaux. Elle met également en avant l’existence d'un « comité des sages », chargé de conseiller l'entreprise, et la mise à disposition d'un numéro d'écoute et d'une cellule de soutien psychologique lorsqu'un salarié met fin à ses jours. Des dispositifs jugés largement insuffisants par les syndicats. « Tout cela, c'est de la communication. On fait appel à des cabinets de conseil extérieurs, alors que notre cellule psychologique interne est affaiblie et que notre personnel médical est en train de disparaître », déplore Sébastien Nugou.
Pour les syndicats, le mal-être des salariés s'explique aussi par les objectifs fixés à la SNCF. « La crise sociale que nous connaissons n'est qu'un début. Ce qui arrive chez nous pourrait être pire qu’à France Télécom, car eux n'avaient pas ces injonctions contradictoires », estime Fabien Villedieu. Exemple : être toujours plus rentables, tout en ménageant la concurrence y compris en… se chargeant de vendre les billets émis par celle-ci. Le tout alors que les effectifs sont constamment réduits, que les conditions de travail se dégradent et que les cadences s’intensifient… À la CGT, on en vient à qualifier la situation de « harcèlement moral institutionnalisé », matérialisé par « un management toxique de haut en bas ». « On répète aux salariés qu'il n'y aura pas de place pour tout le monde. Cela entraîne une ambiance délétère », affirme Sébastien Nugou.
Au-delà des conditions de travail et de la demande d'un moratoire sur les réorganisations, les syndicats remettent également la question des salaires sur la table. « Cela fait deux ans que les négociations sur notre cadre social traînent, parce que certaines filiales de la SNCF ne veulent plus respecter le droit commun de l'entreprise et appliquent un droit social au plus bas », dénonce de son côté Sébastien Nugou.
Pour le moment, les syndicats espèrent que les cheminots se saisiront de la mobilisation du 10 juin pour se faire entendre. D’autant qu’une première étape a été franchie, après l'appel à la grève lancé la semaine dernière : le PDG de la SNCF, Jean Castex, a d’ores et déjà invité l'ensemble des syndicats à une table ronde pour discuter.

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