À venir
Votre identifiant correspond à l'email que vous avez renseigné lors de l'abonnement. Vous avez besoin d'aide ? Contactez-nous au 01.49.88.68.50 ou par email en cliquant ici.
HAUT
Féminisme

« Envoyer un message fort » : le 54e congrès de la CGT vote le cadre commun contre les VSS

5 juin 2026 | Mise à jour le 5 juin 2026
Par | Photo(s) : Robin Verner
« Envoyer un message fort » : le 54e congrès de la CGT vote le cadre commun contre les VSS

Les congressistes au moment du vote sur l'annexion du cadre commun contre les VSS aux statuts.

Faut-il annexer le cadre commun d’action contre les violences sexistes et sexuelles aux statuts de la CGT ? C’était là le dernier enjeu soulevé par le débat autour du troisième thème du document d’orientation du 54e congrès de la CGT ce jeudi 4 juin. Celui-ci a répondu par un « Oui » massif, selon des résultats communiqués ce vendredi 5 juin.

13 ans après l’intégration aux statuts de la CGT de la charte pour l’égalité entre les femmes et les hommes, le cadre commun d’action contre les violences sexistes et sexuelles allait-il connaître le même succès, et former un nouveau jalon dans l’histoire féministe du syndicat ? C’était la question clôturant l’avant-dernière journée, ce jeudi 4 juin, du 54e congrès de la CGT. La proclamation des résultats du vote au matin du vendredi 5 juin a tranché.

L’équation

Myriam Lebkiri, membre du Bureau confédéral et référente de la commission Femmes mixité, avait en préambule rappelé la donne de la discussion : « Il ne s’agit pas de voter pour ou contre le cadre commun. Il existe, il a été collectivement construit. Il s’agit de dire si nous voulons lui donner une portée statutaire, en faire un engagement commun de toute la CGT, opposable à toutes nos organisations ? »

Le cadre commun repose sur trois principes essentiels : le cadre commun rappelle le rôle de la cellule de veille contre les cas des violences sexistes et sexuelles ; le cadre commun définit les rôles de chacun et de chacune dès le signalement à la CGT de violences sexistes et sexuelles. Il donne une méthode, des repères, une marche à suivre ; il rappelle que c’est à la CGT de décider qui a les qualités pour représenter et diriger l’organisation.

Le souvenir de Céline

Et la secrétaire confédérale de rappeler que « le processus pour l’émancipation des femmes à la CGT n’a pas été un long fleuve tranquille ». Dans ce contexte, voter l’annexion du cadre commun aux statuts c’est, selon Myriam Lebkiri, « envoyer un message fort aux organisations, au monde du travail, aux dirigeants et dirigeantes, aux adhérents adhérentes, et un acte fort pour solidariser toutes les structures de la CGT ».

Le tour de parole a d’ailleurs permis de mesurer le chemin parcouru au sein même de l’organisation. Si l’un des délégués a pu exprimer ses réserves quant au fait de graver dans le marbre un document selon son sentiment « toujours en phase de test et d’expérimentation », la grande majorité des interventions a penché pour l’adoption. « Les VSS traversent malheureusement notre CGT. Nous devons affirmer quelque chose d’essentiel : notre CGT doit être un espace de sécurité pour toutes et tous, de pluralité des genres. Ce cadre commun est bien un signe fort et permettra aux victimes d’avoir confiance en le syndicat », a ainsi fait valoir Sandrine Fournier. « Le cadre commun est vital, il nous sécurise en nous permettant d’agir, et de ne pas mettre les situations sous le tapis », a loué Arnaud Mocquelet.

La déléguée Nathalie Marchand a ému le congrès en rappelant le meurtre de Céline, aide-soignante à l’hôpital de Bicêtre, militante CGT, tuée par son mari le 9 mai 2025, lui aussi encarté à la CGT. « Cocteau disait : « Le vrai tombeau des morts est le cœur des vivants », voilà, Céline, les vivants qui ne t’oublient pas », a achevé la congressiste devant l’hommage d’une salle debout.

Maryse Dumas, longtemps membre du Bureau confédérale, et fer de lance de ces travaux, a alors dit son mot : « Dans le débat, on a dit qu’on voulait bien du cadre commun mais qu’il fallait l’expérimenter davantage. Ah non camarades, depuis son élaboration en 2023 nous l’avons expérimenté, modifié. Si nous ne le mettons pas en valeur aujourd’hui, nous ne pourrons pas l’améliorer davantage encore. Au contraire, l’annexer aux statuts est un acte politique qui fait que ce cadre devient le vôtre. Si vous adoptez l’annexion, cet acte politique montrera que tout le syndicat se battra pour cette bataille. Et chaque fois que l’expérience vous montrera qu’il faut améliorer ceci, retirer cela, on vous proposera de l’actualiser ».

L’heure alors pour les délégués de passer aux votes. Si la proclamation a attendu le lendemain matin, elle a confirmé les impressions nées du débat : l’annexion des cadre commun a bien suscité un large consensus, celle-ci étant votée par 70,93% des suffrages exprimés par les congressistes, contre 24,02%, ainsi que 5,05% d’abstentions.