À venir
Votre identifiant correspond à l'email que vous avez renseigné lors de l'abonnement. Vous avez besoin d'aide ? Contactez-nous au 01.49.88.68.50 ou par email en cliquant ici.
HAUT
Médico-social

« La Ville de Paris doit sauver davantage d'emplois » : le cri du cœur des salariés de la Fondation Œuvre Croix Saint Simon 

3 juillet 2026 | Mise à jour le 3 juillet 2026
Par | Photo(s) : Elsa Sabado
« La Ville de Paris doit sauver davantage d'emplois » : le cri du cœur des salariés de la Fondation Œuvre Croix Saint Simon 

Rassemblement des salariés de la FOCSS, Place des Invalides.

Alors qu'on connaît maintenant les offres de reprises de la fondation Œuvre Croix Saint Simon, structure médico-sociale dont le démantèlement a été annoncé en avril, ses salariés et ses usagers continuent de se mobiliser. Pour eux, il n’existe qu’une alternative : sauver la fondation, ou, a minima, réussir à obtenir des offres bonifiées afin de préserver davantage d'emplois et de structures.

« On sait que c'est fini. On n'attend rien. Mais on veut savoir pourquoi on ferme notre structures, et on veut qu'ils nous retrouvent une place. On craint de ne pas trouver où se recaser. On avait choisi de devenir salariées, ce n'est pas pour retourner à la case assistante maternelle en libéral », regrettent Irène, Naïma et Samira, assistantes maternelles à la crèche familiale de la place de la Réunion, dans le XXe arrondissement. Elles font partie de la quinzaine de salariées parmi la cinquantaine de parisiens rassemblés, ce jeudi 2 juillet, sur la place des Invalides, pour manifester leur mécontentement quant à la situation de la Fondation des œuvres croix Saint-Simon, qui compte soixante-cinq structures médico-sociales à Paris. 

300 à 500 suppressions d'emplois

Après l’officialisation, en avril, du choix de l'administratrice judiciaire de procéder à un plan de cession – synonyme de démantèlement de la FOCSS – plutôt que d'opter pour un plan de redressement, les propositions de reprise partielle sont tombées le 16 juin dernier. Et c'est une véritable boucherie qui s'annonce : entre 300 et 500 postes devraient disparaître dans la manœuvre. 

Quinze structures resteraient sur le carreau, sans aucune proposition de reprise, et parmi elles, les six crèches familiales du groupe. La Ville de Paris ne propose de reprendre que la crèche Marchal, dans le XXe arrondissement. L'AP-HP et le Groupe SOS ont pour leur part proposé une offre « indivisible » qui attribuerait cinq structures à l'AP-HP et neuf crèches au mastodonte du social.

Une nouvelle qui n’est pas franchement populaire parmi les personnes mobilisées. « Le Groupe SOS a très mauvaise presse. C'est une structure qui n'est non-lucrative que sur le papier, mais dont on sait qu'il emprunte au privé lucratif aussi bien les bas salaires que les pratiques managériales », s'inquiète Carole Ducrocq, déléguée syndicale CGT, suppléante au CSE et directrice d'une halte-garderie.

Christophe Prudhomme souligne l'absurdité d'une telle reprise : « La filiale Crescendo (NDLR : un réseau associatif de création et de gestion de crèches) a récemment demandé au Conseil de Paris une augmentation de sa subvention, tant en investissement qu'en fonctionnement, pour équilibrer ses comptes. Autant que la municipalité intervienne directement ». L'association, « Premiers pas pour l'enfance », créée en mai par l'ancienne directrice du Pôle Enfance de la FOCSS, proche de l'ancienne direction, convoite quant à elle un périmètre de 18 crèches. La Mairie de Paris et la CAF du département se seraient engagées à la soutenir à hauteur de 2,5 millions d'euros pour qu'elle puisse assumer la reprise de ces structures. Le reste des 37 offres déposées émane de structures majoritairement non-lucratives, qui proposent des reprises au périmètre plus restreint.  

Sauver la fondation ou exiger une amélioration des offres ?

Pourtant, les élus ont des difficultés à mobiliser les salariés. « La direction mène un véritable travail de sape, en expliquant aux salariés que, s'ils se mobilisent, cela découragera les repreneurs. Ils leur font miroiter que de nouvelles offres de reprises pourront être déposées jusqu'à 48 heures avant la décision du tribunal, prévue pour septembre », désespère Arnaud, directeur du centre de santé multi-site de la fondation.

La direction a attaqué en justice l'audit des comptes de l'association demandé par les syndicats. « La décision de la justice vis à vis de cet audit devrait arriver en novembre. Quand les carottes seront déjà cuites », enrage-t-il. Il comptait pourtant sur cette expertise pour dénoncer la décision de plan de cession prise par l'administratrice judiciaire, et ainsi sauver la fondation. « Les dirigeants de la FOCSS sont en train de créer une autre fondation dans laquelle il est probable qu'une partie des actifs immobiliers qui resteront après le remboursement de la dette seront transférés. Ainsi, les actifs financés par de l'argent public viendront bénéficier en dernier ressort, à une fondation immobilière », tacle Christophe Prudhomme, élu LFI au conseil de Paris, militant de la CGT Santé et action sociale. 

Une question stratégique se pose aux salariés de la FOCSS : faut-il continuer à demander le sauvetage de la fondation par l'annulation de sa dette, ou faire le deuil de la fondation et se battre pour que les offres soient améliorées et reprennent plus de structures, et plus de salariés ? C'est la position de Carole : « J'aimerais qu'il existe encore une solution pour sauver la fondation, mais, si elle existe, elle est très mince. Par contre, il faut que les pouvoirs publics se réveillent, il nous reste des leviers, et notamment celui de la Ville de Paris, qui doit s'engager à reprendre plus de structures et d'emplois. Nous lui avons demandé un rendez-vous à deux reprises, qu'elle a laissé sans réponse ». Logiquement, la prochaine manifestation aura lieu le 11 avril devant l'Hotel de Ville de la capitale.