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Guerre d'Espagne

« La solidarité, l'indignation et l'action » : la CGT rend hommage aux Brigades internationales ce 2 septembre

1 septembre 2026 | Mise à jour le 1 septembre 2026
Par | Photo(s) : ©Getty - Universal History Archive / Universal Images Group
« La solidarité, l'indignation et l'action » : la CGT rend hommage aux Brigades internationales ce 2 septembre

Photo non datée de soldats des Brigades internationales pendant la guerre civile espagnole.

Ce mercredi 2 septembre, l'IHS métallurgie organise à la Maison des Métallos, à Paris, dans le XIe arrondissement, une soirée événement en hommage aux Brigades internationales. Un moment commémoratif pour célébrer les 90 ans de cet épisode fraternel et malheureux de la guerre d’Espagne, une lutte historique et symbolique pour la CGT.

Mercredi 2 septembre, la Maison des Métallos, ancien siège de l’Union fraternelle des métallurgistes, sera aux couleurs de la CGT. De 18 h à 22 h, l'IHS CGT Métallurgie donne rendez-vous au public pour rendre hommage aux 90 ans des Brigades internationales. La soirée, soutenue par l'ancien secrétaire général de la CGT et fils de brigadiste Philippe Martinez, se déroulera en plusieurs étapes. On assistera ainsi d’abord à une conférence de l'historien Édouard Sill, puis à la projection d'extraits vidéo de films de l'époque, et enfin à un spectacle orchestré par la compagnie Jolie Môme, le tout couronné d'un « verre fraternel ».

« Le combat de tous »

Pour en savoir plus sur les Brigades internationales, replongeons-nous quatre-vingt-dix ans en arrière. En juillet 1936, la frange nationaliste de l'armée espagnole, dirigée notamment par le général Franco, se soulève contre le gouvernement républicain de gauche fraîchement élu. Mais le putsch de Franco et sa clique, soutenu militairement par l’Allemagne nazie et l’Italie de Mussolini, va tourner court et le conflit s’inscrire dans la durée. En plus, bien sûr, de se voir opposer l’âpre résistance de l’armée républicaine dans toutes ses composantes, depuis les anarchistes, les trotskistes et les communistes jusqu’aux libéraux, les forces réactionnaires vont bientôt se heurter à la mobilisation des gauches du monde entier et des militants antifascistes. C'est ainsi qu'à l'automne de la même année, des unités, composées intégralement de soldats aussi volontaires que bien souvent quasi amateurs, s'organisent un peu partout en Europe et au-delà pour aller soutenir le Front populaire espagnol : ce sont elles, les Brigades internationales.

L'historien, docteur diplômé de l'École pratique des hautes études, Édouard Sill nous résume, en amont de sa conférence, ce qui fonde cet élan : « La menace des uns devient alors la menace de tous. » En effet, l'Espagne de 1936 n'est alors plus seulement le théâtre d'une guerre civile : elle devient, pour une partie des gauches européennes, le lieu où se joue un combat dépassant largement les frontières espagnoles. Français, Italiens, Allemands, Polonais, Américains, Britanniques et bien d'autres se rassemblent pour aller combattre aux côtés des républicains espagnols : « Ils savent qu'ils sont en Espagne pour défendre les leurs, pour défendre la démocratie et défendre la liberté », ajoute l'historien.

La CGT, l'Espagne et la solidarité ouvrière

Cette histoire est aussi celle de la CGT. Dans les années 1930, le mouvement ouvrier français est largement sur le pied de guerre pour soutenir la République espagnole : c’est le sens des trajectoires politiques de ces deux voisins, la nature de la solidarité des travailleurs, des classes sociales. Des collectes sont organisées, du matériel est envoyé et des réfugiés accueillis. Les métallurgistes, notamment à travers l'Union fraternelle des métallurgistes, deviennent des figures de ces initiatives. Édouard Sill explique : « Parmi les 800 volontaires du convoi du 8 octobre qui se rendra en Espagne, on compte 45 % de métallurgistes, c'est considérable. » La Maison des Métallos constitue en elle-même un morceau de cette épopée, un lieu où résonnent encore les appels à la fraternité avec l’Espagne démocratique.

Bien sûr, la suite de l’intrigue tourne à la tragédie : au bout de trois ans d’un conflit asymétrique, où les nationalistes épaulés résolument par les armées fascistes prennent peu à peu le dessus sur des républicains valeureux mais divisés, et accompagnés de trop loin par des démocraties libérales timorées, l’Espagne sombre dans une dictature longue de presque quarante ans. Les Brigades ont quant à elles dû plier bagage avant même cet épilogue, en raison de la pression internationale. Pourtant, quelque chose survit de l’enthousiasme qui les a vus naître et qui a animé leur combat : un modèle, un idéal. Et Édouard Sill de conclure : « Ce moment des Brigades internationales, il vient à mon avis rappeler un triptyque, celui de la solidarité, celui de l'indignation, et celui du désir d'agir. »

Soirée gratuite, mais inscription obligatoire.