5 septembre 2014 | Mise à jour le 27 avril 2017
Après des années d'âpres batailles portées par la CGT, la Drac ou les Beaux-Arts, la bourse du travail de Bordeaux, classée monument historique soixante ans après son inauguration, est en partie rénovée. L'occasion, lors des Journées du patrimoine les 20
et 21 septembre, de visiter un magnifique bâtiment
et une sacrée ruche syndicale.
Donner aux ouvriers « la science de leur malheur », selon l'expression de Fernand Pelloutier (1867-1901) : telle est la mission des bourses du travail, érigées à la fin du XIXe siècle. La première voit le jour à Paris le 3 février 1887.
Rapidement, elles vont éclore un peu partout sur le territoire, comme celles de Bordeaux (Gironde) et de Toulouse (Haute-Garonne) en 1890.
Ainsi, en 1892, on en compte 14 – dont 10 vont fonder, à Saint-Étienne (42), une fédération nationale, qui aura pour secrétaire général Pelloutier (1) – et 65 en 1899. Bref, l'élan est là, mais toutes ces bourses ne sont pas des palais. Celle de Bordeaux est vite exiguë et, dans les années 1920, la CGT réclame des locaux plus vastes à la municipalité. Elle sera entendue par le maire socialiste de l'époque, Adrien Marquet.

UN PALAIS POUR LE PEUPLE
L'édile bordelais déclare que cette nouvelle bourse doit être aussi « un palais pour le peuple […] qui a bien le droit de profiter de l'art et des richesses qu'il contribue à édifier […] ». Il ne va pas lésiner sur les moyens, en intégrant son édification dans un vaste programme d'urbanisme qui comprend notamment le stade Lescure. Il confie la conception du futur bâtiment à Jacques d'Welles, architecte en chef de la ville, tandis que sa décoration est réalisée par les artistes de renom de l'école des beaux-arts de Bordeaux.
Les travaux débutent en 1935 cours Aristide-Briand, sur l'emplacement d'un ancien château d'eau, et se terminent trois ans plus tard. La bourse sera inaugurée et les clefs remises aux syndicats le 1er mai 1938. « Depuis, on les a toujours gardées », sourit Corinne Versigny, secrétaire générale de l'union départementale de Gironde. Et en effet, depuis ce jour, les locaux n'ont toujours été occupés que
