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SFAR-SOTRALENTZ

Mobilisés pour ne pas être liquidés

29 août 2016 | Mise à jour le 9 février 2017
Par | Photo(s) : DR
Mobilisés pour ne pas être liquidés

Barbecue, sono, drapeaux et chasubles syndicales, tout est prêt pour assurer la visibilité et la convivialité de ce nouveau temps de mobilisation ce mardi 30 août à midi. La CGT et FO se battent pour gagner du temps et assurer la reprise de cette usine métallurgique de Montchanin.

Tandis que la direction et les élus du personnel seront réunis en comité d’entreprise ce mardi, l’union départementale CGT de Saône-et-Loire et les unions locales proches appellent la population et les salariés à soutenir la mobilisation des travailleurs de SFAR.

« Nous sommes convoqués pour donner notre avis sur la conversion du plan de sauvegarde (PSE) en liquidation judiciaire de l’entreprise, sous prétexte qu’elle ne pourrait plus payer les salaires », explique Pascal Meuleau, délégué CGT qui réfute les arguments avancés par la direction. C’est « la colère et un sentiment de gâchis » qui dominent parmi les salariés témoigne le délégué CGT, car « nos dirigeants n’ont pas fait les investissements nécessaires dans l’outil de production, ils n’ont pas non plus cherché de marchés alternatifs pour dépasser le cap de la crise et les baisses de commandes ».

Ce sous-investissement depuis le rachat de SFAR et Civad par Sotralentz n’est pas sans conséquences sur la dégradation des conditions de travail qui s’est notamment illustrée, en 2015, par un accident mortel.

UN NAUFRAGE ORGANISÉ

Durant ces derniers mois, les élus du personnel ne sont pas restés spectateurs et ont engagé une procédure de droit d’alerte à laquelle la direction a répondu par l’inertie en refusant de communiquer les documents à l’expert mandaté. « On a vraiment le sentiment que le seul but recherché par la direction c’est la liquidation au plus vite », note Pascal Meuleau avec amertume.

De fait, les deux syndicats CGT et FO entendent aujourd’hui interpeller les pouvoirs publics tout à la fois pour obtenir des délais afin de trouver une solution de reprise, mais aussi pour demander des comptes sur l’usage qui a été fait des subventions et aides de l’État via le CICE (près de 300 000 euros depuis fin 2013).

Ils sont le sentiment d’un coulage organisé de leur outil de travail. Pour preuve, notamment, ce loyer de 960 000 euros reversé chaque année à la maison mère de Sotralentz « alors que le groupe détient 100 % des parts de Civad, propriétaire des locaux de l’usine de Montchanin ».

L’étape suivante devrait se jouer le 8 septembre lorsque le tribunal de commerce de Chalon-sur-Saône devra se prononcer sur la viabilité de l’entreprise et l’avenir des quelque 85 emplois. Le temps presse donc, mais la CGT de l’entreprise et celle du territoire entendent bien faire du bruit, populariser l’affaire et impliquer les élus et les pouvoirs publics pour sauver l’entreprise.