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Paix et désarmement

Des manifestations d’une grande actualité

28 septembre 2016 | Mise à jour le 6 janvier 2017
Par | Photo(s) : Bapoushoo
Des manifestations d’une grande actualité

Manifestation pour la paix, Paris 24 sept 2016

Des milliers de citoyens ont marché samedi dans les rues d'une quinzaine de villes de France pour la paix et le désarmement, alors que la Journée internationale de la paix était célébrée quelques jours plus tôt, le 21 septembre, sous l'égide de l'ONU.

La Journée internationale de la paix a pris un sens particulier cette année alors que des peuples entiers sont soumis aux bombardements et à la mort, en République démocratique du Congo, en Palestine, au Yémen, en Afghanistan, en Irak, ou encore en Syrie, où 300 000 personnes ont trouvé la mort en cinq ans et où les forces du régime et leurs alliés soumettent la population d'Alep à un siège et à des bombardements incessants.

Des peuples sous les bombes

En 2011, à la suite des peuples tunisien et égyptien qui, par leurs manifestations massives et pacifiques, étaient parvenus à faire tomber des régimes dictatoriaux et prédateurs, partout dans le monde arabe, les peuples se sont soulevés à leur tour pour la liberté, la démocratie, la justice, la justice sociale.
Mais ils ont dû faire face à des répressions sont souvent féroces et meurtrières. Seule la Tunisie poursuit aujourd'hui, non sans difficulté, le processus de transition entamé en 2011 et suivi d'élections libres et de la mise en place d'une nouvelle Constitution.

En Syrie, le soulèvement populaire contre le régime, à travers des manifestations pacifiques, unies, rassemblant des centaines de milliers de personnes de toutes confessions, a subi une répression meurtrière massive et immédiate : il s'agissait de stopper au plus vite la protestation, mais aussi de pousser la rébellion à la résistance armée, pour tenter de la délégitimer. Nombre de militaires désertaient alors pour former l'Armée syrienne libre, rejoints par des civils.
Et les forces démocratiques ont peu à peu été marginalisées par la militarisation de la résistance, tandis que le régime cherchait aussi à diviser le mouvement, sur des bases confessionnelles, quitte à favoriser l'entrée de l'Organisation de l'Etat islamiste, afin de se présenter comme rempart face au terrorisme. La population, dont quelque cinq millions de personnes sont réfugiées, en paie le lourd prix du sang et de la terreur quotidienne.

Faire reculer la spirale guerrière

« Ce n'est pas par la guerre que nous arrêterons la guerre et mettrons fin au terrorisme. Chaque jour dans le monde, des dizaines d'enfants, de femmes et d'hommes sont victimes d'actes de barbarie », rappelle pour sa part la CGT, membre du collectif « En marche pour la paix », qui appelait aux manifestations comme le Mouvement de la paix et d'autres organisations.

« La guerre, c'est le recul social et la primauté de la puissance financière par les armes. La guerre est en effet un des marqueurs génétiques du capital. Les événements dramatiques, qui se succèdent de par le monde et qui ont touché notre pays depuis janvier 2015, ont certainement sensibilisé bon nombre de citoyens aux questions de la coexistence pacifique entre les peuples ou, à l'inverse, sous l'impulsion de dirigeants divers, renforcé une stigmatisation aussi dénuée de sens que d'intelligence. C'est par le développement humain durable que la spirale guerrière reculera », commente la confédération, qui souligne combien « les défis actuels que sont la pauvreté, la faim, la diminution des ressources naturelles, la raréfaction de l'eau, les inégalités sociales, la dégradation de l'environnement, les maladies, la corruption, le racisme et la xénophobie, entre autres, font peser une menace sur la paix et forment un terreau fertile pour les conflits ».

Ventes d'armes françaises

« Le chef de l'Etat et son ministre de la Défense se comportent en véritables “commerciaux” pour les industriels d'armement. », dénonce aussi la CGT.

Les ventes d’armes de la France dans la région du Moyen-Orient représentent en 2015 plus des trois quarts des armes vendues. Et sur l’ensemble des pays de la région, l’Arabie saoudite, a reçu durant la dernière décennie près de 20 % des armes que la France a disséminées sur la planète.

Or, la législation française repose sur le principe de la prohibition : la fabrication et le commerce de matériels militaires (armes, munitions, composants…) suppose une autorisation du ministère de la Défense. En revanche, l’absence de transparence et d’implication du Parlement dans les différents processus nuit au contrôle « démocratique » de ce genre d'activités aux conséquences tragiques.

En outre, comme le souligne la fédération CGT des travailleurs de l'Etat (FNTE), « pour le chef d'état-major des armées, le budget doit passer de 32 Md € en 2017 à 41 Md € d'ici 2020 […] Pour lui, “il s'agit de mettre en cohérence les moyens avec les opérations demandées”, des propos repris par des responsables politiques de la majorité et de l'opposition ».

Aussi la CGT revendique-t-elle « l'édification d'un pôle public national de défense », les armes n'étant pas « des marchandises comme les autres ».
C'est à un monde de coopération, d'accueil et de paix plutôt que de spirale de guerre, de destructions et de haines qu'ont ainsi appelé les manifestants ce samedi.