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EXTRÊME DROITE

Amnesty International Italia alerte sur le recul des droits humains en Italie

14 janvier 2026 | Mise à jour le 14 janvier 2026
Par | Photo(s) : Filippo MONTEFORTE / AFP
Amnesty International Italia alerte sur le recul des droits humains en Italie

L'accession au pouvoir du gouvernement d'extrême droite de Giorgia Meloni en Italie s'est traduite par un profond recul des droits humains et des libertés.

La section italienne d'Amnesty International tire la sonnette d'alarme sur le profond recul en matière de protection des droits humains au cours des trois années de gouvernement d'extrême droite de Giorgia Meloni.

Amnesty international Italia dresse un portrait sans concession du gouvernement de Giorgia Meloni dans le rapport présenté à Rome le 16 décembre 2025 : « Un pouvoir qui a adopté constamment et progressivement des lois, des politiques et des mesures visant à restreindre l’espace civique, à éroder les libertés d’expression et d’association, et à cibler les organisations de solidarité et les identités marginalisées. ».

Fort critique sur l'action de ce gouvernement d'extrême droite – coalition entre Fratelli d'Italia, le parti dirigé par Giorgia Meloni, la Lega et Forza Italia – dans les grands domaines des droits humains qu'elle défend, et pour lesquels elle réitère ses recommandations, l'ONG dénonce une politique marquée par une approche punitive et dissuasive, concentrée presque exclusivement sur la sécurité et la migration.

Des droits économiques, sexuels et sociaux affaiblis

Alors que le gouvernement affirme s'occuper des plus vulnérables, en 2024, le niveau de pauvreté absolue concerne toujours près de 5,7 millions de personnes, soit près de 10 % de la population. Et 5,8 millions de personnes, contre 4,5 millions en 2023, ont dû renoncer aux consultations et examens médicaux pour des raisons économiques. Coté droits reproductifs, ça ne va pas mieux. L'ONG note que l’objection de conscience de plus de 60 % de gynécologues au niveau national, avec des pics de plus de 80 % dans certaines régions, rend difficile, voire impossible, les interruptions volontaires de grossesse, entravant la liberté de choix des femmes.

Le gouvernement durcit le ton dès le début, rappelle Amnesty dans son rapport, avec le « décret sur les rave parties » promulgué en décembre 2022 : « un manifeste politique des partis majoritaires contre les rassemblements pacifiques et l’occupation de bâtiments désaffectés ».

Les libertés fondamentales en chute libre

Ensuite, il enchaîne le recours aux décrets d'urgence sur des questions touchant directement les droits et les libertés constitutionnels. Emblématique, la promulgation du décret-loi sur la sécurité, adopté via une énième procédure d’urgence en avril 2025, malgré l'importante mobilisation de syndicats, associations et autres organisations de la société civile, et malgré les avis contraires d'institutions nationales et internationales. Anneliese Baldaccini, responsable des relations institutionnelles chez Amnesty International Italia, déclare à ce propos : « La législation adoptée en matière de “sécurité” est  un symptôme de la montée de l'autoritarisme dans notre pays : comment ne pas qualifier d'autoritaire un ensemble de lois qui a alourdi les peines pour divers crimes et introduit quatorze nouveaux types d'infractions, largement liées à des formes de dissidence ? De même, aucun autre terme ne saurait décrire la manière dont l'ordre public a été maintenu lors des nombreuses manifestations, notamment celles en solidarité avec la population palestinienne de la bande de Gaza, par un usage excessif tant de la force que de mesures d'éloignement à l'encontre de militants ».

Concernant la gestion des migrations, tout aussi répressive, Anneliese Baldaccini ajoute: « Le gouvernement Meloni n'a pas hésité à engager d'énormes ressources publiques dans un accord avec le gouvernement de Tirana pour la construction de centres en Albanie destinés au transfert de migrants, maintenant ainsi un protocole illégal et coûteux malgré de nombreuses décisions d'illégitimité rendues par les tribunaux italiens et européens concernant les détentions effectuées dans ces centres. »

Dans son rapport, Amnesty International Italie met également l'accent sur le « discours toxique » qui accompagne la politique gouvernementale sur les personnes et les couples homosexuels, les migrants, les activistes, les pauvres et les musulmans. Et recommande au gouvernement d'adopter « des mesures et des actions concrètes traduisant les obligations assumées par l'Italie dans le cadre du droit international ».

 

Giannina Mura