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Géopolitique

555 morts en Iran, la guerre s'étend au Liban... le point sur l'embrasement du Moyen-Orient

2 mars 2026 | Mise à jour le 2 mars 2026
Par | Photo(s) : AFP
555 morts en Iran, la guerre s'étend au Liban... le point sur l'embrasement du Moyen-Orient

Fumées au Koweït après une frappe iranienne.

Depuis le déclenchement de l’opération militaire américano-israélienne sur l’Iran jusqu’à l’extension du conflit à l’ensemble de la région, et de la mort de l’ayatollah Khamenei au bilan des pertes civiles de la République islamique tour d’horizon des événements qui nourrissent l’incendie géopolitique en cours au Moyen-Orient.

Les États-Unis et Israël ont lancé une intervention militaire de grande ampleur depuis le 28 février. Les frappes ont déjà emporté plusieurs dignitaires du régime, dont trois membres des Gardiens de la Révolution ce 2 mars dans la matinée, et surtout l’ayatollah Ali Khamenei dans les premières heures du conflit. Et la communauté internationale commence à livrer de premiers bilans. Ainsi, le Croissant-Rouge iranien affirme ce lundi 2 mars que 555 personnes ont été tuées en Iran par l’opération militaire américano-israélienne, alors que la guerre s’étend au Liban, où Israël a lancé des raids qui pourraient durer. Voici les principaux développements du conflit.

Israël frappe de nouveau Téhéran

L’armée israélienne a indiqué le 2 mars continuer à mener des « frappes à grande échelle » à Téhéran « contre des cibles du régime terroriste iranien ». Le Croissant-Rouge a annoncé un bilan de 555 morts depuis le début de la guerre samedi. Au moins 35 dans la province de Fars dans le sud du pays, 27 dans le nord-ouest en deux jours (selon un responsable iranien), au moins trois dans l’ouest à Sanandaj, selon le gouverneur local.

La province centrale de Yazd a été touchée. L’agence de presse iranienne Tasnim a évoqué des explosions dans la capitale. Les Affaires étrangères chinoises ont fait état d’un ressortissant tué à Téhéran.

Mort de Khamenei, manifestations… L’appareil iranien frappé au coeur

Ce sont d’abord des cris de joie qui ont résonné dans Téhéran samedi 28 février après la mort de l’ayatollah Khamenei. L’ambiance a changé le lendemain, lorsque des milliers de personnes ont rendu hommage au guide suprême dans la capitale aux cris d’« À mort l’Amérique ! », « À mort Israël ! ». Des rassemblements du même type ont été signalés à Chiraz et Yazd.

Mais le régime militaro-religieux des mollahs essuient des pertes très lourdes. Ainsi, le quartier général des Gardiens de la Révolution a été détruit, selon le Pentagone. Les médias iraniens ont confirmé la mort de plusieurs hauts responsables, notamment le chef des Gardiens de la Révolution, le chef de l’état-major des forces armées et le ministre de la Défense. Les frappes américano-israéliennes ont tué 48 « leaders » iraniens, selon Donald Trump, qui n’a donné aucun détail.

Le conflit s’étend au Liban

Le Hezbollah avait promis de « faire face à l’agression » américano-israélienne contre l’Iran après la mort de l’ayatollah Ali Khamenei. Le mouvement armé pro-iranien basé au Liban a affirmé le 2 mars avoir tiré des missiles et des drones vers Israël, pour la première fois dans ce conflit. L’armée israélienne a répliqué, annonçant frapper des cibles du Hezbollah « à travers le Liban » et ordonnant aux habitants d’une cinquantaine de villages d’évacuer.

Des journalistes de l’AFP ont entendu de puissantes explosions à Beyrouth, et vu de nombreux habitants fuir vers le sud du pays. Selon un premier bilan officiel, ces frappes israéliennes ont fait 31 morts et 149 blessés. Le chef de l’armée israélienne affirme que les frappes au Liban pourraient durer de « nombreux jours ».

Explosions à Jérusalem, l’Iran refuse toute négociation

Les frappes ont entraîné des répliques en direction d’Israël. Plusieurs explosions ont été entendues lundi 2 mars à l’aube à Jérusalem, où les sirènes d’alerte ont retenti après l’annonce par l’armée de tirs de missiles iraniens. La veille, un missile iranien a frappé un abri à Bet Shemesh, dans le centre du pays, faisant neuf morts, 11 disparus et 46 blessés. Les secours ont aussi fait état de la mort d’une femme à Tel-Aviv.

Téhéran « ne négociera pas avec les États-Unis », a affirmé le chef du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, Ali Larijani. Il a accusé Donald Trump d’avoir précipité le Moyen-Orient dans le « chaos » avec ses « rêves illusoires ». Les Gardiens de la Révolution ont déclaré le 2 mars avoir lancé un barrage de missiles sur les villes de Tel-Aviv, Haïfa et Jérusalem-Est. L’armée iranienne affirme avoir visé la base aérienne américaine Ali Al-Salem au Koweït. Plusieurs sites « dans les villes d’Ardakan et de Yazd, ainsi qu’un site sur la route Yazd-Mehriz, ont été attaqués », selon le vice-gouverneur de la province, Esmail Dehestani, cité par l’agence de presse officielle Irna.

Un mort à Bahreïn, explosions au Qatar, aux Émirats, et en Irak

Les répercussions se sont aussi fait sentir dans le Golfe, de l’autre côté du détroit d’Ormuz. Une personne a été tuée à Bahreïn dans une attaque iranienne, a annoncé le 2 mars le ministère de l’Intérieur. Des journalistes de l’AFP à Doha, Abou Dhabi et Dubaï ont entendu de fortes explosions.

Un correspondant de l’AFP a vu une épaisse fumée noire s’élever le lundi 2 mars de l’ambassade des États-Unis au Koweït, qui conseille de « ne pas venir à l’ambassade ». L’armée koweïtienne dit avoir intercepté plusieurs drones au-dessus de son territoire.  Des explosions ont été entendues le 2 mars près de l’aéroport irakien d’Erbil qui héberge des troupes américaines. Des systèmes de défense anti-aérienne proches de l’aéroport ont abattu des drones.

Morts de soldats américains : Trump crie vengeance

Les forces américaines ne sont pas sorties indemnes de ces premiers mouvements. Si leurs équipages ont survécu, plusieurs avions de combat américains se sont écrasés au Koweït dans la matinée du 2 mars. Surtout, les États-Unis avaient annoncé la veille avoir perdu trois militaires, leurs premières pertes dans le conflit. Ce ne seront pas les dernières, a prévenu Donald Trump. Comme la veille, il a lancé un appel au peuple iranien: « Reprenez le pouvoir, l’Amérique est avec vous ». Il a aussi pressé une nouvelle fois les Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de la République islamique, de « déposer les armes » ou mourir. « Quatre à cinq semaines » : c’est l’estimation qu’il a donnée de la durée des opérations américaines, au New York Times.