Après les associations, les syndicats : à Carcassonne, le maire RN poursuit ses attaques contre les contre-pouvoirs
À Carcassonne, le nouveau maire du Rassemblement national Christophe Barthès poursuit une politique de mise au pas des contre-pouvoirs locaux. Après les associations et la presse locale, il s’attaque désormais aux syndicats, en envisageant de leur retirer l’accès aux locaux municipaux.
Publié le 4 mai 2026, modifié le 8 juin 2026
À Carcassonne, le nouveau maire du Rassemblement national Christophe Barthès poursuit une politique de mise au pas des contre-pouvoirs locaux. Après les associations et la presse locale, il s’attaque désormais aux syndicats, en envisageant de leur retirer l’accès aux locaux municipaux.
Derrière les remparts de la préfecture de l’Aude, Christophe Barthès, le maire RN élu le 29 mars 2026, poursuit sa croisade contre toute forme d’opposition. Après avoir supprimé les subventions à la Ligue des droits de l’Homme, retiré les accréditations à la presse locale et menacé des lycéens souhaitant se mobiliser contre sa politique, il continue de s’attaquer aux contre-pouvoirs dans sa commune. Dernière mesure en date : la suppression de la mise à disposition de locaux municipaux pour les syndicats.
« On a eu cette information comme tout le monde, jeudi 30 avril, à la fin du conseil municipal. C’est une annonce faite sans vote », affirme Vanessa Ny, de l’union départementale de la CGT à Carcassonne. Une décision qui a tout l’air d’une sanction… « Ça fait suite à nos mobilisations lors des municipales et, plus récemment, à un mouvement de jeunes lycéens soutenu par la CGT et d’autres organisations syndicales. C’est une réaction épidermique : il punit celles et ceux qui s’opposent à lui », ajoute-t-elle.
La mesure, qui n’a été adoptée par aucune délibération, pourrait, si elle venait à être appliquée, avoir des conséquences concrètes. « Chaque semaine, nous accueillons une centaine de personnes à la Bourse du travail, qui nous sert de siège. Nous hébergeons aussi des associations, organisons des formations, recevons des salariés avec des conseillers prud’homaux, etc. », détaille la syndicaliste.
Du côté des politiques, Carcassonne unie, l’opposition de gauche, a condamné « avec la plus grande fermeté l’annonce du maire […] de déloger les syndicats de salariés des bâtiments municipaux », dénonçant, dans son communiqué publié sur Facebook, « le vrai visage de l’extrême droite : intimidations, mise au pas, exclusion, restriction de tout ce qui constitue un contre-pouvoir pourtant essentiel à la démocratie ».
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