23 avril 2026 | Mise à jour le 23 avril 2026
Dany Paiva, le nouveau maire d’extrême droite de la commune de Liévin, dans le Pas-de-Calais, vient d’annoncer son intention de supprimer la réception syndicale du 1er Mai, rompant ainsi avec une tradition centenaire du bassin minier. La CGT dénonce « une énième attaque contre les syndicats et les travailleurs de la part du Rassemblement national ».
À Liévin, la cérémonie du 1er Mai est traditionnellement l'occasion, pour les syndicats, d'être reçus à la mairie afin de remettre leurs cahiers de doléances. Elle permet également aux unions syndicales locales de se rassembler pour honorer la mémoire des travailleurs et travailleuses du bassin minier. Mais cette année, le maire, Dany Paiva, élu en mars dernier, en a décidé autrement : l'événement a été supprimé à la dernière minute, comme l'a révélé France Inter.
« C'est une énième attaque contre les syndicats et les travailleurs de la part du Rassemblement national », dénonce Nadège Poly, secrétaire générale de l'union locale. « On s'y attendait quand même un peu », poursuit-elle. Selon elle, le maire d'extrême droite de Liévin ne fait que reproduire des pratiques déjà observées ailleurs. Ancien chargé de la communication à la mairie RN d'Hénin-Beaumont, Dany Paiva marche dans les pas de Steeve Briois, qui, en 2016, lors de son premier mandat, avait lui aussi annulé la journée du 1er Mai dans sa ville.
D'après France Inter, le maire de Liévin aurait également envisagé de supprimer le dépôt de gerbe sur la stèle rendant hommage aux 42 mineurs morts lors du coup de grisou du 27 décembre 1974. Une décision qui dénote avec l’image de défenseur des travailleurs et des traditions que le RN s’échine à usurper. « C'est un symbole : vous ne pouvez pas tenter à longueur de journée de vous faire passer pour les représentants des travailleurs et, une fois au pouvoir, supprimer ce type d'hommage », insiste Nadège Poly.
Cocasse rétropédalage
Face à la polémique, la mairie a finalement rétropédalé. Sur le compte Facebook de la ville, un communiqué dénonce une prétendue « désinformation » : « La mairie de Liévin n'a jamais annulé la cérémonie d'hommage aux mineurs le 1er Mai prochain. Ce qui a été annulé, c'est une réunion politique en mairie de certains syndicats d'extrême gauche. »
À la CGT locale, cette qualification prête à sourire. « Nous ne nous reconnaissons pas dans ces étiquettes politiques, qui servent surtout à décrédibiliser ceux qui ne partagent pas leurs idées d'extrême droite », explique la Confédération. Pour les organisations syndicales, cette journée constituait avant tout un moment d'échanges permettant de transmettre leurs revendications à la mairie, ainsi que les remontées de terrain des salariés. Sous la précédente municipalité, ces éléments étaient ensuite transmis au préfet afin de l'informer du contexte social local.
Pour Nadège Poly, cette décision illustre une tendance plus large : « Le RN est et restera un adversaire des travailleurs. On le voit aujourd'hui avec Jordan Bardella et Marine Le Pen, qui enchaînent les déjeuners avec le patronat. » Malgré ces tensions, la détermination des syndicats demeure intacte : « Ils ne font que renforcer notre volonté de poursuivre la mobilisation. Nous ne baisserons pas les bras », promet Nadège Poly.