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mobilisation

Des badges de sécurité plus difficiles à avoir : les syndicats appellent à la grève dans les aéroports de Paris le 18 juin

3 juin 2026 | Mise à jour le 2 juin 2026
Par | Photo(s) : © Bapoushoo
Des badges de sécurité plus difficiles à avoir : les syndicats appellent à la grève dans les aéroports de Paris le 18 juin

Les organisations syndicales dénoncent une politique de tolérance zéro pour le renouvellement des badges de sécurité par la préfecture de police.

Une journée de mobilisation et de grève est prévue le jeudi 18 juin au sein des aéroports parisiens Paris-Charles-de-Gaulle, Paris-Orly et Paris-Le Bourget. L'intersyndicale appelle à un rassemblement pour dénoncer le durcissement des conditions d'examen des habilitations de sécurité par la préfecture de police.

Après une première alerte lancée par les syndicats à la fin de 2025 et une réunion avec le sous-préfet au début du mois de janvier 2026, toutes deux restées sans résultat, l'intersyndicale – qui rassemble la CGT, la CFDT, l'Unsa et Sud – a décidé d'appeler à la grève le jeudi 18 juin au sein des aéroports de Paris. Objectif : dénoncer le durcissement des conditions d'examen des habilitations de sécurité.

Selon les organisations, la situation remonte à l'arrivée du nouveau préfet délégué à la sécurité et à la sûreté des plates-formes aéroportuaires parisiennes, Stéphane Daguin, nommé en août 2024 par le ministre de l'Intérieur d’alors, Bruno Retailleau. Depuis sa prise de fonctions, les conditions d'acquisition et de renouvellement des badges permettant d'accéder aux zones sécurisées des aéroports auraient été considérablement renforcées. Plus précisément, le préfet refuse désormais d’accorder ou de renouveler ledit badge si la mention d’usage de stupéfiants apparaît sur le fichier du Traitement des antécédents judiciaires (TAJ), et ce, quelle que soit l’ancienneté de l’infraction.

Enquêtes de moralité

Cette politique de « tolérance zéro » suscite l'inquiétude des organisations syndicales. Pour Daniel Bertone, secrétaire général de la CGT-ADP, cette situation pose problème : « Les renouvellements de badges sont censés être examinés au cas par cas. » Selon lui, ces enquêtes de moralité s'accompagnent également d'un important flou administratif. Aucun chiffre officiel concernant le nombre de badges accordés ou refusés n'aurait été communiqué à ce jour.

Au sein de l'union locale CGT de Roissy, Daniel Bertone indique avoir recensé près de 30 dossiers constitués en seulement un trimestre sur cette question des badges. « C'est autant que ce que nous recevons habituellement en une année entière », dénonce-t-il. Parmi cette trentaine de dossiers, trois salariés auraient déjà été licenciés à la suite d'un non-renouvellement de leur badge. « Le badge est un permis de travail. On s'attaque ici au travailleur. On n'est pas des terroristes parce qu'on a fumé un joint un jour dans notre vie. On nous demande d'être des citoyens irréprochables pour pouvoir travailler », ajoute-t-il. La CGT réclame notamment la mise en place de badges provisoires pour les salariés dont le dossier est en cours d'examen, ou en demande de suppression de leur dossier TAJ, ainsi que la création d'une commission paritaire chargée d'étudier les situations litigieuses.

« Un choix politique »

L’intersyndicale a prévu de se rassembler le jeudi 18 juin, à 10 heures, à proximité des bureaux du préfet à Roissy. « Nous cherchons à l'interpeller. Il est conscient que nous parlons d'emploi, mais cela ne semble produire aucun effet », déplore Daniel Bertone. « Il ne répond pas aux courriers que nous lui adressons. Pour nous, il s'agit clairement d'un choix politique porté par le ministère de l'Intérieur, tandis que celui des Transports a, de son côté, esquivé la question. »

Les organisations syndicales se disent néanmoins prêtes à engager une discussion avec le préfet. Elles pourront compter sur le soutien de plusieurs responsables politiques, dont Stéphane Peu, député communiste élu dans la Seine-Saint-Denis, qui a déjà annoncé sa participation au rassemblement.