20 février 2026 | Mise à jour le 20 février 2026
Ami de Marine Le Pen, ancien conseiller régional Front national et cadre du GUD (Groupe Union Défense), Axel Loustau avait rendez-vous au tribunal mercredi 18 février. Il est accusé d'avoir organisé des élections professionnelles « factices » dans son entreprise Astoria Sécurité.
S’il est plus connu pour son engagement à l’extrême droite – il fut même membre du Groupe Union Défense (GUD), groupuscule fasciste particulièrement violent, dans les années 1990 -, et son amitié avec certains de ses dirigeants, comme Marine Le Pen, dont il a été le trésorier du micro-parti Jeanne de 2012 à 2022, Axel Loustau est aussi le fondateur et dirigeant de la société Astoria Sécurité. Une entreprise qui a notamment obtenu de juteux contrats avec la RATP ou encore avec la cité des Sciences, comme l'a révélé StreetPress, et qui se retrouve aujourd'hui sous les feux des projecteurs du Tribunal judiciaire de Paris, à l’occasion de la comparution mercredi 18 février d’Axel Loustau pour quatre entraves au droit syndical. Une audience racontée ici par L’Humanité.
Un CSE « frauduleusement instauré »
Le 5 février 2023, un membre du syndicat national Spectacles, communication, sports et loisirs (SNS) demande la tenue d'élections professionnelles et obtient de la direction une fin de non-recevoir, au prétexte que ces élections avaient eu lieu en avril 2022, sans que personne ne soit tenu au courant du scrutin. S'ensuit une enquête de l'Inspection du Travail, consécutive à un courrier de la fédération CGT Commerce Distribution et Services réclamant la tenue d'élections professionnelles dans cette entreprise qui compte plus de 200 salariés.
Dans le rapport des inspecteurs du travail de juillet 2024, auquel L'Humanité a pu avoir accès, ils qualifient de « factices » ces élections, assurent que les PV établis alors étaient « des faux », et estiment que le CSE a donc été « frauduleusement instauré ». Les votants, tout comme les élus sont choisis parmi les proches (dont son fils) et les intimes collaborateurs du dirigeant « pour s'assurer le contrôle de l'instance », accuse notamment le rapport.
Pas de local
En plus des élections factices, de l'absence de local, comme de panneau réservé aux syndicats, ce sont « 120 688 euros » qui auraient dû être versés par la société au CSE entre 2020 et 2023 et ne l'ont pas été, selon l'Inspection du travail. 10 % de cette somme auraient dû revenir aux salariés par le biais des œuvres sociales et ne l'ont donc, là non plus, pas été.
Partie civile dans ce procès, l'avocate du SNS, Me Natacha Zukowski, rappelle que « dans une pétition lancée fin 2022 par le syndicat, 64 salariés ont indiqué ne pas avoir été informés de la tenue d'élections professionnelles. Ce chiffre est beaucoup plus important que les 12 votants comptabilisés officiellement… ». Elle estime que l'ensemble des faits reprochés « ne sont ni isolés, ni ponctuels. Ils s'inscrivent dans une organisation structurelle destinée à neutraliser les institutions représentatives du personnel et à restreindre l'exercice du droit syndical au sein de l'entreprise. ».
Au nom du syndicat, elle réclame 15 000 euros de dommages et intérêts au titre du « préjudice collectif » subi par l'ensemble des salariés, tandis que le Parquet a réclamé la condamnation d'Axel Loustau à 7 500 euros d'amende, dont 3 000 euros avec sursis, et celle de la société Astoria Sécurité à 30 000 euros d'amende. Le délibéré sera rendu le lundi 30 mars, à 13 h 30.