
Louvre : une grève capitale pour les salariés du musée
Ce mercredi 17 décembre 2025, les agents réunis en nombre ont voté la reconduction de la grève débutée lundi dernier au sein du musée le plus visité du monde. Ils... Lire la suite

Un Mephisto, un M. Muscle, une danseuse et une voyante en fauteuil roulant. Quatre personnages liés par un même récit de l'hôpital contemporain. Face à l'oracle, trois d'entre eux témoignent des réalités de leur travail.
Il y a l'infirmière amoureuse de son métier qui nie sa propre souffrance ; il y a le médecin urgentiste qui se débat au quotidien avec des éléments qui lui échappent – l'absurdité des règlements, le manque de temps, la surpopulation ; il y a le syndicaliste qui replace dans leur contexte politique les dégradations du milieu hospitalier opérées par les réformes impulsées par les gouvernements successifs. Pour apporter un peu de recul, ce dernier s'en remet à la force de l'ironie. Mais il bascule dans la schizophrénie, tiraillé entre sa volonté de témoigner, de bien faire, et celle de s'accrocher à un monde complètement fou où l'aliénation a envahi tous les esprits. Mis en scène sous une forme qui rappelle le théâtre de foire, ces figures théâtrales emmènent le propos vers les valeurs universelles de la déclaration universelle des droits de l'homme dont plusieurs articles sont rappelés par l'oracle.
« On a pour tradition de toujours s'appuyer sur des grands textes du patrimoine, explique Olivier Perriraz, metteur en scène. L'idée, ici, était de rafraîchir la mémoire quant aux notions de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen et de les mettre en résonance avec ce que vivent les salariés du milieu hospitalier. Les engagements de démocratie, d'égalité face à la maladie, face aux soins, sont magnifiques mais ne sont pas respectés. On a voulu se placer autant du côté des soignants que de celui des patients mais aussi rappeler le fonctionnement de la santé publique en France et tout ce que les différents gouvernements ont sabordé depuis 20 ans sur l'autel de la rentabilité financière – avec la suppression des lits, des personnels de santé, l'obligation du respect de critères économiques. »
Ce spectacle est le fruit d'une commande de la mutuelle des hospitaliers et territoriaux de Lyon qui connait l'engagement des productions de l'Épicerie culturelle. Dès 2019, la petite équipe commence à mener ses investigations, rencontre des soignants, recueille des témoignages. Le 28 février 2020, une première lecture publique du texte a lieu à Arles. Quinze jours plus tard, la pandémie renvoyait chacun chez soi, confirmant en quelque sorte la perception de cette création théâtrale. « Ce qui est hallucinant, précise le metteur en scène, c'est qu'un an plus tard, quand on a repris le travail de mise scène et les répétitions, on s'est aperçu que rien n'avait changé et que ça avait même empiré. Nous n'avions pas une ligne du texte à changer. »
Cette programmation au festival Off d'Avignon constitue une forme de reconnaissance mais aussi une grande prise de risque financière. Régler les salaires, les coûts d'hébergement, de déplacement, de salle, de communication, etc. sans aucune assurance de recette suffisante pour rembourser n'est pas à la portée de toutes les compagnies. Heureusement, l'Épicerie culturelle bénéficie d'un espace protégé : « on a beaucoup de chance parce que le théâtre de la Rotonde-Pierre Semard met les lieux à notre disposition gratuitement et nous assure le versement de l'intégralité de la recette », explique Olivier Perriraz. Derrière ce soutien, on trouve le CASI (Comité d'Établissement) des cheminots PACA, dirigé par des militants CGT qui ont depuis plusieurs années créé cette scène de théâtre pour favoriser la diffusion d'une création engagée tout au long de l'année et au cours du festival off d'Avignon. Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que la petite compagnie y présente un spectacle. En 2016, « 36, La vie est à nous » y revenait sur l'histoire du Front populaire.

Ce mercredi 17 décembre 2025, les agents réunis en nombre ont voté la reconduction de la grève débutée lundi dernier au sein du musée le plus visité du monde. Ils... Lire la suite

La 48e édition de Hestejada de las arts se déroule jusqu’au 23 août 2025 à Uzeste. Alors que l’industrie musicale se concentre entre les mains de quelques majors, Uzeste,... Lire la suite