
Management à la française : le goût des pyramides
Mis au service de la maximisation des profits, le management hiérarchique hérité du taylorisme continue d’imposer sa verticalité et sa rigidité dans la plupart des... Lire la suite
Quelle a été l'inspiration de ce travail d'enquête ?
Lors du premier confinement, à 20 heures, nous applaudissions les soignants. L'expression était au masculin neutre, on ne soulignait jamais que les emplois dits de première ligne étaient très majoritairement occupés par des femmes : les infirmières, les aides-soignantes, les aides à domicile, mais aussi les caissières. C'est de ce constat qu'est née l'idée d'une tribune, que j'ai rédigée avec ma collègue Séverine Lemière, enseignante-chercheuse. Nous l'avons intitulée « Coronavirus, il faut revaloriser les métiers et carrières à prédominance féminine ». Le texte a été signé par le numéro un de chaque organisation syndicale. C'était tous des hommes, aussi avons-nous sollicité les responsables des commissions femmes au sein de chaque organisation, ainsi que des chercheuses et des chercheurs. Après la publication du texte dans Le Monde, il a été transformé en une pétition signée par près de 65 000 personnes.
Cette enquête porte sur les métiers du soin et du lien. Pourquoi cette définition ?
Nous ne voulions pas nous cantonner aux soignants, nous souhaitions l'élargir à l'accompagnement social. Un débat a eu lieu sur l'expression à utiliser : métiers du lien ou de l'accompagnement ? En juin 2020, les députés François Ruffin (LFI) et Bruno Bonnell (LREM) ont conduit une mission parlementaire sur les métiers du lien, c'est donc l'expression que nous avons aussi choisi d'utiliser. Ces métiers représentent 4 millions de salariés, et ce sont des femmes à une écrasante majorité. Elles représentent entre 80 et 99 % des effectifs. Seuls les éducateurs et éducatrices spécialisés sont à 76 % des femmes. Si on entre dans le détail de cette profession en particulier, hommes et femmes n'occupent pas les mêmes postes : les hommes sont davantage éducateurs de rue, en internat…
Dans votre communication, vous privilégiez l'écriture inclusive…
Oui, j'écris une périphrase comme « infirmiers et infirmières », ou j'utilise le point médian. Même si c'est long et parfois peu lisible, je tiens à l'écriture inclusive, y compris pour les métiers extrêmement féminisés. Cela participe à montrer que, si les métiers sont sexués, c'est seulement
La lecture de cet article est réservée aux abonnés
La Vie Ouvrière et nvo.fr c'est l'information sur le travail et les luttes sociales. Indépendants des grands groupes de presse, c'est grâce à ses abonnés que la Vie Ouvrière et nvo.fr peuvent vous rendre compte des réalités du monde syndical et social. Soutenez l'entreprise de presse de la CGT. Abonnez-vous !
Mis au service de la maximisation des profits, le management hiérarchique hérité du taylorisme continue d’imposer sa verticalité et sa rigidité dans la plupart des... Lire la suite
Les bureaux partagés sont en plein essor en France. Dans certains d’entre eux, nulle prestation haut de gamme mais l’ambition de créer du lien et de contrer les effets... Lire la suite