Loi contre la fraude sociale : des notions floues, mais des sanctions nettes
Le Sénat a adopté, lundi 11 mai, une loi pour lutter contre les fraudes sociales et fiscales, portée par la droite, le centre et l’extrême droite. Le texte autorise notamment la suspension des allocations chômage sur le fondement d’« indices sérieux de manœuvres frauduleuses », une formule délibérément floue qui, selon l’opposition, pourrait ouvrir la porte à des sanctions préventives.
Publié le 13 mai 2026
Le Sénat a adopté, lundi 11 mai, une loi pour lutter contre les fraudes sociales et fiscales, portée par la droite, le centre et l’extrême droite. Le texte autorise notamment la suspension des allocations chômage sur le fondement d’« indices sérieux de manœuvres frauduleuses », une formule délibérément floue qui, selon l’opposition, pourrait ouvrir la porte à des sanctions préventives.
Un nouveau tour de vis. Le 11 mai, le Sénat a adopté une loi pour lutter contre les fraudes sociales et fiscales. Après son passage à l’Assemblée et en commission mixte paritaire, le texte, soutenu du centre à l’extrême droite, comporte désormais une centaine de mesures censées rapporter 1,5 milliard d’euros à l’État, en s’attaquant principalement aux assurés sociaux. La plus emblématique autorise la suspension des allocations chômage pour trois mois en cas d’« indices sérieux de manœuvres frauduleuses », un motif qui peut en outre autoriser les agents à consulter les données bancaires des bénéficiaires. Cerise sur le gâteau, fruit d’un amendement du Rassemblement national : en cas de fraude, les sanctionnés seront punis d’une amende plancher égale au triple des montants indûment perçus.
Pour la CGT, cette loi « organise l’acharnement contre les assurés les plus précaires ». Pour rappel, la fraude sociale est évaluée en France à 14 milliards d’euros, un montant dont plus de la moitié serait liée au travail dissimulé et qui serait donc le fait des employeurs. En comparaison, la fraude fiscale est estimée entre 80 et 100 milliards d’euros. « Tandis qu’il s’attaque massivement aux assurés, soupçonnés d’être d’éternels fraudeurs, le texte ignore totalement le principal problème relatif aux droits sociaux, le non-recours aux droits : 34 % pour le RSA, 50 % pour le minimum vieillesse, 30 % pour l’Assurance chômage », rappelle la centrale.
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