
Louvre : une grève capitale pour les salariés du musée
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Vue de la Grande Galerie de l'évolution du Muséum d'histoire naturelle.
Le Muséum national d’Histoire naturelle aurait pu commencer son cinquième siècle d'existence sous de meilleurs auspices. Une cyberattaque en juillet 2025 avait précédé un vol d'ampleur en septembre, quelques semaines avant le cambriolage du Louvre. Fragilisé par ces affaires, l'établissement culturel est devenu, depuis le début de l'année, le théâtre d'une lutte syndicale inédite lorsque les employés sont montés au créneau pour dénoncer des conditions de travail dégradées.
C'est notamment pour demander une meilleure rémunération qu'à la fin du mois de janvier, plusieurs dizaines de salariés sur les quelques 2350 que compte l'établissement, ont entamé une grève reconductible. « On s’est rendu compte qu’on était payés entre 100 et 400 euros en moins, par mois, selon les catégories de fonctionnaires, que nos collègues dans d’autres bibliothèques de l’enseignement supérieur », témoigne Nicoleta Boukercha-Mîndru, syndiquée à la CGT Muséum et agente des bibliothèques. Si le mouvement a commencé exclusivement avec les bibliothécaires de l'institution, au nombre de 80, il s'est ensuite rapidement étendu, notamment avec la mobilisation d'une partie des techniciens de collections, beaucoup plus nombreux.
Le mouvement de grève inédit, les organisations syndicales étant « assez peu présentes au sein du Muséum il y a encore quelques années », rapporte la responsable de la bibliothèque des Vertébrés, n’a pas encore permis à ces revendications d’être entendues par la direction. Du moins, celle-ci n’en a-t-elle pas fait une priorité pour l’heure. Effectivement, en lançant, le mercredi 25 mars sur France Inter,un appel au financement, le président Gilles Bloch ne mentionne que la problématique de la rénovation des locaux : « Nous avons environ 500 millions d’euros de travaux d’urgence à réaliser pour rouvrir les parties du musée fermées et pour éviter de fermer des bâtiments menacés », assure-t-il. « Mais si on veut remettre le patrimoine immobilier du Muséum aux standards d’économies d’énergies, c’est de l’ordre du milliard d’euros. » Si la syndicaliste reconnaît qu'il y a « un énorme besoin sur la rénovation des bâtiments », elle s'indigne que la qualité de travail des salariés ne soit pas prise en compte. « On a l’impression d’être ignorés. Alors, le seul levier à notre disposition pour se faire entendre, c’est la grève, poursuit-elle. C’est bien d’avoir de beaux locaux, mais il faut prendre soin du personnel qui travaille dedans ».
Au terme des trois rendez-vous pris entre la direction et l'organisation syndicale entre décembre 2025 et février 2026, Nicoleta Boukercha-Mîndru n’aperçoit aucune perspective d'amélioration. Tout juste, l’institution admet-elle que les renseignements pris par les salariés et qui leur ont montré qu’ils étaient encore moins bien lotis que leurs confrères d’autres établissements de l’Enseignement supérieur sont corrects : « La direction reconnaît la faible rémunération de ses agents, qui n'est pas spécifique aux bibliothécaires. Ce constat peut être fait pour l’ensemble des personnels BIATSS (personnels des bibliothèques, ingénieurs, administratifs, techniques et sociaux et de santé) du Muséum ». Elle reproche aussi à la direction de se retrancher derrière la responsabilité du ministère de l'Enseignement supérieur. « À les entendre, ce n'est jamais de leur faute, c'est celle du ministère qui ne donne pas assez d'argent. Ils se renvoient la balle continuellement », s'agace-t-elle. Les organisations syndicales ont donc rédigé une lettre à ce même ministère, lors du CSA ministériel du mardi 24 mars. « Le ministère est au courant de la situation et il a promis de revenir vers nous », renseigne la syndiquée, sans pour autant qu'une date précise de réponse n'ait été évoquée pour le moment.
Si les rémunérations des fonctionnaires sont encadrées par une grille des salaires, identique dans tous les établissements publics, le musée a tout de même une marge de manœuvre qui lui est propre : l’Indemnité fonction sujétion et expertise (ou IFSE). « Localement, on ne peut agir que sur cette prime mensuelle, parce que son augmentation ne dépend que de l’établissement », affirme Nicoleta Boukercha-Mîndru. Toujours selon la syndicaliste, la direction n’aurait proposé, à la suite de cette requête, une prime exceptionnelle de 250 euros sur un mois. Une somme dérisoire pour une agente qui perd 200 euros par mois en choisissant de travailler dans une bibliothèque du Muséum plutôt que dans une autre bibliothèque de l'Enseignement supérieur. .
Contactée à ce sujet le 26 mars, la direction du Muséum n'a pour l'instant pas répondu à nos sollicitations.
Et cette grève s'inscrit, on l’a vu, dans un contexte plus lourd encore pour le Muséum, qui rencontre de nombreuses difficultés depuis l'année dernière. Dès la fin juillet 2025, l'établissement culturel connaissait une cyberattaque d'ampleur, rendant « indisponible […] une partie de son réseau et l’accès à certains sites et services du Muséum » pendant plusieurs mois. Une situation qui s'était éternisée, à tel point qu'une exposition prévue en novembre avait dû être annulée.
En septembre 2025, le Muséum avait aussi été victime d'un cambriolage. Plusieurs pépites d'or avaient été dérobées, pour une valeur d'1,5 million d'euros. Une tragédie pour un musée en charge de la conservation de près de deux millions de documents, d'œuvres d'art ou encore d'instruments scientifiques, soit l'une des trois plus grandes collections de sciences naturelles au monde. Une collection qui attire les curieux, puisqu'en 2025, le Muséum a accueilli plus de 3,6 millions de visiteurs sur l'ensemble de ses sites à Paris et en région.

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