13 mars 2026 | Mise à jour le 13 mars 2026
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ninabreux | Photo(s) : Clément Mahoudeau / AFP
Marc Pietrosino, secrétaire général de l'Union départementale CGT 13, a accordé le mercredi 11 mars un entretien à La Marseillaise. Il y rappelle les politiques antisociales menées dans certaines communes contre les salariés et leurs représentants et évoque les menaces que l’extrême droite fait peser sur les travailleurs.
À l'approche des élections municipales, Marc Pietrosino, secrétaire général de l'Union départementale CGT 13, ne mâche pas ses mots. Dans un entretien accordé à La Marseillaise, le responsable syndical détaille les positions de son organisation, consignée dans un documentent de travail adressé aux candidats « hors RN et extrême droite, évidemment ». Un texte qui entend peser sur la campagne, en rappelant ce que la CGT attend concrètement des futurs élus municipaux sur le terrain social.
La répression syndicale, signal d'alarme
Premier avertissement de Marc Pietrosino : certaines communes, avant de s'attaquer aux travailleurs, commence par viser les corps intermédiaires. Il appelle donc les maires progressistes à « sanctuariser les Bourses du travail », ces espaces militants et historiques que certaines municipalités cherchent à récupérer. L'exemple d'Arles est au cœur de sa démonstration.
Le maire Patrick De Carolis, ex-présentateur aujourd’hui élu Horizons, qu'il situe « dans la ligne droite de la macronie » a dit souhaiter transformer la Bourse du travail… en office de tourisme. Pour le secrétaire général de l'UD CGT 13, la manœuvre est limpide : « Priver les syndicats de leurs lieux de vie historique revient à les empêcher de travailler, c'est une façon d'annihiler ceux qui défendent les intérêts des travailleurs. »
Le bilan de l'extrême droite aux commandes : des précédents qui parlent
Marc Pietrosino convoque aussi la mémoire syndicale au moment de revenir sur les mandats d'extrême droite que les Bouches-du-Rhône ont déjà connus dans les années 1990-2000, comme à Marignane ou à Vitrolles : « Les camarades de la fonction publique pourraient expliquer longuement ce qu'ils ont subi » dit-il, évoquant des mises au placard, un management « détestable » et une politique délibérément tournée contre les agents et les citoyens. Un passé qui éclaire, selon lui, ce que signifierait concrètement une nouvelle poussée du RN aux prochaines municipales.
La menace ne s'arrête pas aux mairies : évoquant le scrutin phocéen, Marc Pietrosino souligne que la composition politique issue du scrutin municipal déterminera directement celle de la Métropole Aix-Marseille-Provence. « Le pire serait d'avoir une métropole aux mains du RN. Ce serait une catastrophe pour le développement de l'emploi », tranche-t-il, rappelant le poids économique considérable de cette institution.
Rassembler les progressistes : une exigence, pas une option
Face à ce tableau, la CGT 13 assume clairement son positionnement. « Quand les forces progressistes réussissent à s'entendre, on appellera toujours à voter pour elles. » affirme Pietrosino. Mais il pose une condition : la cohérence. Le syndicat sera vigilant, dit-il, quant aux engagements pris, notamment sur des sujets comme l'emploi portuaire, où les candidats dits progressistes ont semblé privilégier des accès à la mer au détriment des activités et des salariés du port. Pour les cas où les listes de gauche resteraient dispersées au premier tour, la CGT appellera « au rassemblement des forces progressistes au second tour face à l'extrême droite. » Un front républicain et syndical, en somme.