25 mai 2026 | Mise à jour le 25 mai 2026
Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, a révélé ce lundi 25 mai sur le plateau des 4 Vérités de Télématin sur France 2 qu’elle faisait désormais l’objet d’une mise en examen pour diffamation. Celle-ci est consécutive à une plainte de Tefal qui lui reproche d’avoir évoqué la « violente répression syndicale » exercée contre une syndicaliste de l’entreprise.
En décembre dernier, c’était Sophie de Menthon, à la tête du mouvement patronal Ethic, qui déposait plainte contre Sophie Binet pour injure publique, apparemment chagrinée que la secrétaire générale de la CGT ait qualifié les patrons exerçant un chantage à la délocalisation de « rats quittant le navire ». Cette fois, c’est une plainte de la société Tefal qui débouche sur une seconde mise en examen, pour diffamation, de la leader syndicale, comme cette dernière l’a annoncé sur le plateau des 4 Vérités de Télématin sur France 2 ce lundi 25 mai. « J’ai appris que j’étais mise en examen pour avoir dénoncé la répression syndicale chez Tefal. Parce que la CGT alerte depuis des mois sur la dangerosité des PFAS un composant chimique utilisé pour les poêles de Tefal », a-t-elle posé.
Objet du litige ? Le fait que Sophie Binet ait évoqué – et ce, en septembre dernier, à la Fête de l’Humanité – la « violente répression syndicale » qui s’était abattue sur Ouria Belaziz, coordinatrice CGT du groupe SEB (détenant Tefal), sanctionnée par son employeur pour avoir osé prendre le parole sur la nocivité de ce polluant éternel. Une sanction que la salariée et la CGT contesteront devant les prudhommes le 4 juin prochain.
Un air de confirmation
Relancée par le journaliste, Sophie Binet a maintenu ses déclarations : « J’assume complètement mes propos et ils sont confirmés par les faits. » Elle a encore observé : « Par cette procédure, Tefal confirme l’ampleur de la répression syndicale et qu’elle essaie de bâillonner les syndicalistes qui s’expriment sur les conditions de travail et l’impact environnemental des productions ». « C’est très grave deux mises en examen en six mois, c’est un signal d’ensemble, c’est la quasi-totalité des syndicalistes qui pourraient être mis en examen sur cette base », a-t-elle alerté, demandant alors aux politiques « une loi pour protéger la liberté d’expression et la liberté syndicale aujourd’hui en danger ». « On ne peut pas nous museler », a-t-elle prévenu.
La CGT rappelle d’ailleurs un chiffre éloquent dans un communiqué qu’elle a fait paraître dans la foulée ce lundi 25 mai : « Plus de 1000 militant·es CGT font l’objet de poursuites judiciaires ou patronales dans le cadre de leur mandat syndical. »