27 mars 2026 | Mise à jour le 27 mars 2026
Savoir d'où l'on vient pour savoir où l'on va. C'est en suivant ce fil que la CGT des organismes sociaux organisait une journée d'études jeudi 26 mars 2026 pour célébrer les 80 ans de la Sécurité sociale. L'occasion pour la centrale de revenir sur son projet, à la fois simple et ambitieux, de 100% Sécu.
La CGT des organismes sociaux et la fédération CGT de la chimie organisaient une journée d'échanges jeudi 26 mars 2026 à l'occasion des 80 ans de la Sécurité sociale, « l'une des plus grandes conquêtes de la CGT et du Parti Communiste français, la création la plus révolutionnaire de la CGT », a rappelé en préambule Cécile Velasquez, secrétaire générale de la CGT des personnels des organismes sociaux.
Cette journée organisée à Montreuil se déroulait en même temps que les assises du Made in France sur l'industrie que la centrale organisaient à Pont-de-Claix, dans l’Isère, la ville des Vencorex dont l'usine a été liquidée au printemps 2025. « Nos deux initiatives, comme nos luttes ne s'opposent pas. Gagner sur la nationalisation d'Arcelor, ou empêcher que KemOne ne soit bradé, ou que l'usine Fibre Excellence à Saint Gaudens (en Haute-Garonne) ne ferme, c'est aussi lutter et gagner pour la sécurité sociale. Emploi, salaire, protection sociale, tout est lié », continuait Cécile Velasquez. Si la matinée était consacrée à la création de la Sécu, l'après-midi se voulait plus prospectif avec des échanges autour du projet 100% sécu porté par la CGT. « Aujourd'hui, on voudrait nous faire croire que ce qui a été pensé dans un moment des plus terribles de notre histoire doit être remis en cause ! Alors que les travailleuses et travailleurs de ce pays créent des richesses, fruit de leur travail », contestait Nathalie Bazire, dirigeante confédérale.
Un régime universel basé sur la cotisation sociale
Et la secrétaire confédérale d’en dire davantage sur le 100% Sécu. « La CGT revendique la pérennité d'un régime universel basé sur la solidarité, financé par le salaire socialisé, géré par les intéressés eux-mêmes et couvrant l'ensemble des droits. Pendant que d'autres réfléchissent à la retraite à points, ou à cotisations définies, ou par capitalisation, la CGT continue de se battre pour l'abrogation de la réforme des retraites 2023, en visant le retour du départ à 60 ans avec départs anticipés pour pénibilité, et la garantie du maintien d'un système de retraites par répartition à prestations définies. La CGT est l'organisation qui pense une sécurité sociale qui soit réellement porteuse de droits pour toutes et tous, c'est la raison même de notre proposition du 100 % sécu. L'enjeu central est maintenant pour nous de définir les étapes pour aller au 100 % Sécu. Sortir le privé lucratif du financement de la sécurité sociale, et les complémentaires du champ spéculatif doit nous animer », continuait ainsi Nathalie Bazire.
Pierre Caillaud-Croizat, petit-fils du « père de la Sécu » Ambroise Croizat, a raconté la manière dont la Sécu s'est mise à fonctionner en moins d'un an, « avec l'appui de militants de la CGT qui vont avoir cette clairvoyance de comprendre qu'il est en train de se passer quelque chose d'extraordinaire, et qui sur leur temps libre, vont participer à la construction de la Sécurité Sociale dans un pays ruiné ». Basée sur la cotisation sociale, gouvernée majoritairement par des représentants de salariés, cette caisse est une expérience de gestion ouvrière. Qui dès ses origines, se heurte à de très vives résistances. « Dès le début, ce projet n'est pas accepté car il remet en cause les intérêts de toute une minorité organisée : le patronat bien sûr, mais aussi les mutualistes, les médecins », rappelait Nicolas Da Silva, économiste spécialiste de la Sécu. « La sécu n'a jamais été consensuelle. Cette caisse unifiée a été combattue, hier comme aujourd'hui le sont celles et ceux qui veulent le 100% sécu ».