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INÉGALITÉS

Rapport Oxfam : Records d’enrichissement pour quelques-uns, recul démocratique pour tous les autres

19 janvier 2026 | Mise à jour le 19 janvier 2026
Par | Photo(s) : DR
Rapport Oxfam : Records d’enrichissement pour quelques-uns, recul démocratique pour tous les autres

En 2025, la fortune des milliardaires a augmenté à un rythme trois fois plus élevé que la moyenne annuelle au cours des cinq années précédentes, d'après Oxfam.

Dans son treizième rapport annuel, publié ce lundi 19 janvier 2026, Oxfam dresse un bilan alarmant de l'explosion des inégalités économiques. Alors que s'ouvre le forum économique mondial à Davos en Suisse, l'influence croissante des plus riches sur les décisions politiques est en débat.

Rarement porteuse de nouvelles positives pour la lutte contre les inégalités, cette nouvelle édition du rapport annuel d'Oxfam est marquée de nombreux records, particulièrement spectaculaires : « En 2025, la fortune des milliardaires a augmenté à un rythme trois fois plus élevé que la moyenne annuelle au cours des cinq années précédentes. » Les douze milliardaires les plus riches possèdent désormais davantage de richesses que les quatre milliards de personnes les plus pauvres. La barre des 3 000 milliardaires a été franchie en 2025, et leur fortune cumulée est au plus haut : 18 300 milliards.

En France, la richesse des milliardaires a doublé depuis 2017 et l'arrivée au pouvoir du président Emmanuel Macron. Résultat d'une politique de l'offre assumée – une de ses premières mesures a été de supprimer l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF) -, une tradition libérale consistant à favoriser et déréguler l’action privée des grandes entreprises avec la promesse que leur croissance économique finirait par ruisseler sur le reste du pays. Pourtant, les 53 milliardaires français sont plus riches que la moitié de la population hexagonale.

Un péril démocratique

Le rapport alerte également sur le danger pour la démocratie de l'enrichissement des milliardaires : ils auraient en moyenne 4 000 fois plus de chances d'occuper un poste politique que le reste de la population. La planète entière en a eu un exemple avec Elon Musk, fondateur de Tesla et homme le plus riche du monde depuis trois ans, délégué par Trump pour sabrer dans les dépenses publiques étatsuniennes au premier semestre 2025.

D'après une étude de l'université de Cambridge, citée par Oxfam, une proposition de loi soutenue par les plus riches a 45 % de chances d'être adoptée aux États-Unis, contre 18 % pour les lois qu'ils ne soutiennent pas. En France, cette influence s'exprime à travers le cas de la taxe Zucman, qui proposait de taxer de 2 % les patrimoines de plus de 100 millions d'euros. Plébiscitée par 86 % des Français d'après un sondage Ifop, elle a pourtant été écartée du projet de loi de finance. Dans le gouvernent Bayrou, 22 des 36 ministres étaient millionnaires : « Cette surreprésentation des plus riches au sommet de l'État alimente un cercle vicieux : ceux qui détiennent déjà le plus de ressources économiques façonnent des politiques publiques qui servent leurs intérêts, tout en aggravant les inégalités » déclare Layla Abdelké Yakoub, responsable de plaidoyer « Justice fiscale et inégalités » à Oxfam France.

D'autres priorités

« Les gouvernements font de mauvais choix pour satisfaire l'élite et favoriser les grandes fortunes tout en réprimant les droits et la colère des citoyen·nes face au coût de la vie devenu inabordable et insupportable pour un trop grand nombre », affirme Amitabh Behar, directeur général d'Oxfam International.

Ce rapport est publié le jour de l'ouverture du Forum économique mondial à Davos, qui réunit chefs d'états et grands patrons, avec la présence notable cette année de Donald Trump, sur fond de conflit autour du Groenland et menace de hausse de droits de douanes pour les pays européens. Pour Oxfam, la solution pour réduire les inégalités et, par conséquent, la pauvreté, reste de taxer les riches et ultra riches et de réguler les multinationales. Ce qui ne semble pas être la priorité du président américain.