La cour d’appel de Versailles a rendu, mercredi 6 mai, son jugement sur l’affaire qui opposait la militante CGT Siham Touazi à l’Ehpad du Château de Neuville, qui l’accusait de diffamation. Si l’institution judiciaire a confirmé la relaxe de l’infirmière, elle a néanmoins annulé la condamnation de son ex-employeur pour procédure abusive.
Sur le trottoir devant la cour d’appel de Versailles, dans les Yvelines, la vingtaine de militants CGT, la sono et leurs drapeaux rouges détonnent pour le moins. Ils sont nombreux à être venus de toute l’Île-de-France pour l’occasion et, au rythme des prises de parole, tous réaffirment leur soutien à Siham Touazi. À l’origine de la grève la plus longue de l’histoire du Val-d’Oise, l’infirmière, syndiquée à la CGT, s’était battue en 2022 pour dénoncer les conditions de travail dégradées au sein de l’Ehpad du Château de Neuville, l’établissement cossu où elle travaillait. Son ex-employeur, la société Epinomis, l’avait poursuivie pour diffamation, ainsi que la journaliste de l’Humanité Eugénie Barbezat, après une interview donnée à la radio associative Causes communes.
Parmi les visages les plus connus composant la foule des soutiens, Philippe Martinez, qui a suivi toutes les étapes de la mobilisation de Siham. L’ancien secrétaire général de la CGT salue une lanceuse d’alerte, « autant attachée à son boulot qu’à la vie des résidents » et qui « a dénoncé la maltraitance bien avant que cela ne prenne plus d’ampleur dans les Ehpad ». Anaïs Pallier, une ancienne salariée du même établissement, est, pour sa part, venue pour soutenir son ex-collègue, mais aussi « par solidarité avec tous les soignants en difficulté avec leur employeur ». Elle-même dit avoir été victime et témoin de pressions de la part de la direction de cet établissement lors de la mobilisation syndicale. « C’est un dossier où l’acharnement est parfaitement caractérisé, confirme Clara Gandin, l’avocate de Siham Touazi. Nous avons les preuves de pratiques de surveillance et du fait que des salariées ont été forcées de témoigner contre ma cliente. »
Répression syndicale : l'infirmière Siham Touazi relaxée en appel pour diffamation envers son ex-employeur
La cour d’appel de Versailles a rendu, mercredi 6 mai, son jugement sur l'affaire qui opposait la militante CGT Siham Touazi à l'Ehpad du Château de Neuville, qui l'accusait de diffamation. Si l’institution judiciaire a confirmé la relaxe de l'infirmière, elle a néanmoins annulé la condamnation de son ex-employeur pour procédure abusive.
Publié le 7 mai 2026, modifié le 17 juillet 2026