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INDUSTRIE

Sauver Fibre Excellence : après le soutien de Matthieu Pigasse, la CGT appelle l’État à être « au rendez-vous »

18 juin 2026 | Mise à jour le 18 juin 2026
Par | Photo(s) : Lionel Bonaventure / AFP
Sauver Fibre Excellence : après le soutien de Matthieu Pigasse, la CGT appelle l’État à être « au rendez-vous »

La secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, estime qu’au-delà des effectifs du papetier, ce sont 10 000 emplois indirects qui pourraient être menacés par la liquidation potentielle de l’entreprise.

Le banquier d’affaires Matthieu Pigasse s’est officiellement positionné, mercredi 17 juin, pour reprendre Fibre Excellence. En visite ce jeudi 18 juin dans l’un des sites du groupe, à Saint-Gaudens, en Haute-Garonne, la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, en a appelé au soutien de l'État, alors que les collectivités restent mobilisées pour préserver le dernier fabricant de pâte à papier en France.

Il s'en est fallu de peu pour que tout bascule pour Fibre Excellence, ce mercredi 17 juin. Placé en redressement judiciaire le 27 avril, le dernier fabricant de pâte à papier en France et ses 670 salariés attendaient avec angoisse la décision du tribunal de commerce de Toulouse, la dernière, et seule offre, présentée ayant été considérée comme « irréaliste » par Bercy. Mais c'était compter sans l'intervention d'un nouvel investisseur, candidat à la reprise, « un Français de renom », comme le rapportait Ici Occitanie : le banquier d'affaires Matthieu Pigasse.

En visite ce jeudi 18 juin dans l'usine Fibre Excellence de Saint-Gaudens, en Haute-Garonne, Sophie Binet a appelé l'État à être « au rendez-vous » pour préserver les emplois des salariés des deux sites du groupe, à Saint-Gaudens donc, mais aussi à Tarascon, dans les Bouches-du-Rhône. La secrétaire générale de la CGT rappelle qu'au-delà des effectifs du papetier, ce sont 10 000 emplois indirects qui pourraient être menacés par la liquidation potentielle de l'entreprise.

Un soutien quasi unanime

C'est une véritable course contre-la-montre qui attend les syndicats, alors que la nouvelle offre de reprise doit être remodelée d’ici au 2 juillet, avant une nouvelle audience au tribunal de commerce de Toulouse, prévue quatre jours plus tard. Un délai qui a pour but de crédibiliser le projet global. « Ces trois semaines supplémentaires doivent désormais être mises à profit pour consolider le projet industriel et financier, pour le doter d’une gouvernance claire et d’un véritable capitaine, capable de porter la pérennité de l’entreprise », a déclaré Carole Delga, la présidente de la Région Occitanie. En effet, les collectivités annonçaient, il y a plusieurs semaines déjà, soutenir l'offre de reprise proposée par la direction et les salariés de Fibre Excellence. La Région Occitanie souhaite investir 5 millions d'euros, tandis que la Région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur apporterait, toujours selon les syndicats, 3 millions d’euros, auxquels s’ajouterait un effacement de 2,5 millions d'euros de dettes.

De nombreux élus locaux, comme Patrick de Carolis, le maire d'Arles, ou Jérémie Becciu, le maire de Boulbon, s'étaient eux aussi mobilisés pour témoigner de leur confiance dans le projet de reprise de Fibre Excellence par sa direction et ses employés. Alors que les discussions avec les cabinets ministériels sont restées lettre morte pour le moment, la CGT demande à l'État « de lever les conditions suspensives », affirmant que les difficultés des usines étaient liées à une désorganisation du marché du bois, qui a fait monter les prix et les a rendues déficitaires.