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Coronavirus

Six fois plus de décès du coronavirus en France qu’en Allemagne : la CGT Grand Est s’insurge

3 avril 2020 | Mise à jour le 5 avril 2020
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Six fois plus de décès du coronavirus en France qu’en Allemagne : la CGT Grand Est s’insurge

Manifestation à Strasbourg en octobre 2018.

La CGT Grand Est témoigne d'un système de santé au bord de la rupture avec des personnels épuisés. Elle rappelle l'absence de réponse à ses interpellations depuis des mois et interpelle aussi l'Agence régionale de santé sur la gestion défaillante de la crise par la France en comparaison de l'Allemagne.

« En Allemagne, ils ont beaucoup plus de cas avérés qu'en France et pourtant beaucoup moins de décès. Leur choix a été de détecter dès les premiers symptômes, et dès les premiers symptômes, ils font le choix de donner de la chloroquine » témoigne Denis Schnabel, secrétaire général de la CGT Grand Est.

Pour l'heure, les scientifiques ne s'accordent pas sur l'efficacité du traitement, cependant on comprend mal les consignes du gouvernement qui consent à ne prescrire le désormais célèbre traitement du Pr Raoult qu'aux cas des malades à un stade déjà avancé de la maladie et surtout l'absence de dépistage systématique, ne serait-ce, en premier lieu, que pour les personnels soignants, ce qui apparaît totalement aberrant. Visiblement, de telles réticences n'existent pas outre-Rhin, or les chiffres commencent à parler.

Six fois plus de décès en France qu'en Allemagne

Dans un courrier adressé le 24 mars 2020 par la CGT Grand Est au Directeur de l'Agence régionale de santé Grand Est, il est précisé le nombre de cas de personnes atteintes dont disposait la CGT au 22 mars 2020 : 23 129 cas et 93 décès pour l'Allemagne contre 14 495 cas pour 562 décès en France.

Huit jours plus tard, l'ARS n'avait toujours pas répondu à la CGT régionale qui se positionnait pour le dépistage systématique, tandis que la différence proportionnelle de décès entre la France et l'Allemagne était toujours la même avec ce rapport d'un à six.

« En Grand Est, nous avons des coopérations syndicales importantes, notamment avec le DGB, Ver.di, IG Metall, etc., nous avons donc quelques informations sur la façon dont les décisions ont été prises. Dans ce pays, il y a aussi une industrie forte et elle s'est mobilisée pour mettre en place des moyens, des tests, des masques, des aérateurs, etc. alors que ça a été long à se mettre en place en France. »

Le patronat français veut profiter de la crise

 « En Allemagne, les industries touchées et une partie de l'économie ont été stoppées. Or dans le Grand Est, il aura fallu que les syndicats bataillent pour les arrêter. Par exemple, chez ArcelorMittal où il y avait trois cas déclarés. La direction a fait pression pour reprendre le travail sous la menace du retrait de la cinquième semaine » explique encore Denis Schnabel.

Pour le syndicaliste, les pressions patronales sont liées à l'appât du gain que renifle le patronat. « Les matières premières étant moins chères actuellement, notamment dans l'acier, les pressions sont fortes pour produire maintenant et vendre quand ça reprendra et que ce sera plus cher. »

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Des personnels de santé touchés de plein fouet

Dans son courrier à l'ARS, la CGT alerte sur les personnels de santé qui lors des premiers jours de l'épidémie ont dû travailler sans protection, sans équipement, sans places pour accueillir les patients, sans moyens. Pourtant, la CGT avait alerté à de nombreuses reprises au cours de ces derniers mois et présenté des propositions dans le cadre du plan régional de santé.

Il va sans dire qu'en raison des sacro-saintes priorités budgétaires, elle n'avait été entendue. « Aujourd'hui, c'est flagrant. On était déjà très à la limite pour les moyens humains et matériels et on s'est retrouvés très rapidement en difficulté. Certains sont personnels sont tombés malade, mais sont revenus travailler. D'autres ont enchaîné les journées de douze heures ou en postes doublés. Heureusement, nous avons des professionnels qui ont la foi dans leur métier, mais ils ne pourront tenir longtemps commente le dirigeant régional de la CGT. »

Une hécatombe non comptabilisée

Le Grand Est est la région qui jusqu'à présent a été la plus touchée par la pandémie, on y a recensé quelque 80 décès par jour, et malheureusement on est loin de la réalité, car toutes les données ne sont pas disponibles. Seules les personnes testées ou hospitalisées sont recensées comme victimes du Covid-19.

« Or on sait qu'il y a une hécatombe dans les Ehpad. Dans les Vosges, j'ai connaissance d'un établissement où on a comptabilisé 19 résidents morts en une semaine » se désole Denis Schnabel.

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Les syndicats toujours tenus à l'écart

Dans cette situation dramatique, la CGT Grand Est déplore qu'elle soit tenue à l'écart de toutes les réflexions pour participer à la gestion de la crise. Ainsi, une démarche intersyndicale régionale est-elle prévue pour interpeler le président de la région qui s'entretient régulièrement en vidéoconférences avec le patronat et les chambres de commerce et d'industrie, tout en continuant à laisser de côté les salariés et leurs représentants sur les questions qui les concernent.