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Analyse

Tour de France 2026 : pourquoi Sophie Binet sera au départ d'une étape à Carcassonne pour la CGT ?

2 juillet 2026 | Mise à jour le 2 juillet 2026
Par | Photo(s) : Bapoushoo
Tour de France 2026 : pourquoi Sophie Binet sera au départ d'une étape à Carcassonne pour la CGT ?

Stand UD CGT 31, à Toulouse lors de l'édition du Tour de France de juillet 2019 © Bapoushoo

Depuis 1947, la Nouvelle vie ouvrière accompagne le Tour de France. Une invitation annuelle en mémoire des années de clandestinité, de résistance du journal jusqu’à la Libération, et qui permet au média ainsi qu’à la CGT de mettre en avant les luttes et combats politique du moment. Pour cette édition 2026, la défense des libertés syndicales face au Rassemblement national. C’est pourquoi le 7 juillet, la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, se rendra au départ de la 4e étape à Carcassonne, municipalité désormais dirigée par le maire d’extrême droite Christophe Barthès, qui multiplie les attaques contre les représentants des travailleurs.

Depuis soixante-dix ans, notre média occupe une place singulière sur le Tour de France. Contrairement aux marques qui paient pour intégrer la caravane publicitaire, la NVO y participe sans débourser un centime. Un privilège qui s’explique par un héritage historique : lors de la relance du Tour en 1947, les organisateurs avaient décidé d’inviter les titres de presse ayant participé à la résistance dans la clandestinité, puis à la Libération. Parmi eux figurait La Nouvelle Vie Ouvrière (NVO), le journal de la CGT.

Ainsi, comme chaque année, la CGT sera donc présente tout au long du parcours. Et tout particulièrement à l’occasion de la 4e étape, lors de laquelle le peloton ralliera Foix depuis Carcassonne. La secrétaire générale du syndicat, Sophie Binet, sera ainsi présente en marge du départ dans le chef-lieu de l’Aude. Une initiative militante, rendue urgente par le contexte local.

Depuis les élections municipales de 2026, le nouveau maire RN de Carcassonne, Christophe Barthès, a en effet multiplié les attaques contre les syndicats locaux, à l’image d’autres maires d’extrême droite élus ces derniers mois. Il  a notamment décidé d’expulser les organisations syndicales de la Bourse du travail, un lieu historique où les syndicats accompagnent les salariés dans leurs démarches et assurent des permanences.

Défendre les libertés syndicales

Pour les militants locaux, la venue de Sophie Binet constitue un signal fort. « Son déplacement démontre que la CGT est dans le combat pour la défense des locaux syndicaux », explique Sophie Tronchet, secrétaire départementale de la CGT de l’Aude : « C’est l’occasion de mettre en place une initiative pour défendre les libertés syndicales. Si nous avons choisi Carcassonne, ce n’est pas par hasard. C’est en réponse aux multiples attaques du maire RN contre la CGT et l’ensemble des syndicats locaux. »

La situation de Carcassonne est loin d’être isolée. Dans plusieurs villes, les syndicats voient leurs locaux remis en cause. La CGT réclame désormais « une véritable loi qui protège les locaux syndicaux ».

Une nouvelle loi est même nécessaire pour se prémunir de ces attaques : « Aujourd’hui, le Code du travail protège et organise les locaux syndicaux au sein des entreprises, mais rien n’est prévu à l’échelle des territoires. Sans ces locaux, les salariés des très petites entreprises se retrouvent sans recours face au patronat. Avec moins de onze salariés, ils n’ont souvent aucune représentation syndicale dans leur entreprise », dénonce Sophie Tronchet.

La bataille contre le RN

Le Tour de France est aussi l’occasion d’aller à la rencontre des salariés, qu’ils soient en vacances au bord des routes ou mobilisés sur les étapes. Derrière les caravanes publicitaires et le récit héroïque des champions, les militants distribuent journaux, tracts et revendications. Le Tour devient ainsi une vitrine populaire, offrant à la CGT une visibilité exceptionnelle.

Cette présence raconte une autre histoire du Tour, au-delà de la seule performance sportive. En suivant la course, la CGT documente également les réalités sociales des territoires traversés : fermetures d’usines, luttes ouvrières, conditions de travail des saisonniers ou des salariés mobilisés. Depuis des décennies, la CGT fait du Tour un espace de dialogue avec les travailleurs, convaincue que le plus grand rendez-vous populaire du pays ne peut être dissocié des enjeux économiques et sociaux qui traversent les régions.

Pour la CGT, cette édition est aussi l’occasion de poursuivre sa bataille contre le Rassemblement national. « Il faut continuer à expliquer aux salariés que le RN n’est pas la solution, bien au contraire », affirme Sophie Tronchet.

Pour cela, les syndicalistes disposent d'éléments concrets : « Quand on regarde le dernier rendez-vous entre le Medef et Jordan Bardella, on comprend vite qu’ils ne sont pas du côté des salariés. Il a dit oui à tout : la retraite par capitalisation, la réduction des normes, donc l’affaiblissement du Code du travail qui protège les salariés. Face à la catastrophe que représenterait le RN, nous continuerons à dénoncer ce qu’ils préparent pour 2027. »