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Une AESH et une enfant près de Bordeaux (Photo d'illustration).
Manque de personnel, conditions dégradées… L’intersyndicale – composée de l’ensemble des syndicats enseignants et de l’antenne locale de la FCPE – a appelé à une mobilisation d'ampleur ce mardi 27 janvier au matin devant le rectorat de Rennes. Avec un mot d'ordre clair : « L'objectif c'est vraiment de ne pas perdre les moyens alloués aux écoles dans le premier degré [école maternelle et élémentaire, NDLR] ».
Alors la communication de la nouvelle carte scolaire, qui devrait être annoncée fin mars, est attendue, en Ille-et-Vilaine, le personnel enseignant s'inquiète d'une possible réduction des ressources. « On s'attend à ce que le rectorat justifie des suppressions de classes à cause d'une pénurie d'effectifs mais la situation est déjà très compliquée. On a un taux d'encadrement plus faible qu'au niveau national », dénonce Sophie Ollivier, secrétaire générale CGT Educ'action dans le département. « Encadrement », voici le maître-mot. Car c’est bien la question des accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH), en charge donc d’un public particulièrement vulnérable, qui se trouve au cœur des revendications.
Car si la situation au niveau national est précaire, l'Ille-et-Vilaine est particulièrement touchée par un véritable « embouteillage social », comme l'explique Sophie Ollivier. « Nous avons de plus en plus d'élèves notifiés avec un besoin d'accompagnement partiel ou total du fait de leur situation de handicap. » Pour beaucoup de ces élèves, un placement en institut médico-éducatif (IME) ou en institut thérapeutique, éducatif et pédagogique (ITEP), est nécessaire, mais le département se trouve particulièrement dépourvu en places disponibles. Environ 1000 d'entre elles seraient manquantes selon la CGT.
Face au manque d'encadrants et à des enfants aux besoins spécifiques toujours plus nombreux, les conditions de travail actuelles placent l'ensemble du personnel dans des situations « intenables et épuisantes » comme le révèle le communiqué de l'intersyndicale. Depuis le 1er septembre, la CGT a comptabilisé plus de 600 fiches fiche Santé Sécurité au Travail (SST) dans le département, principalement pour des faits de menaces, d'injures ou de violences.
Dans ce contexte, les accompagnants d'élèves en situation de handicap (AESH) se révèlent être des maillons essentiels pour accompagner ces élèves. Selon la CGT, la direction académique des services de l’éducation nationale (DASEN) d’Ille-et-Vilaine affirme pouvoir en recruter plus de 200 dès à présent. Seulement, les candidates – car ce travail est effectué en écrasante majorité par des femmes – manquent à l'appel. Pire, en septembre 2025, une vingtaine d'entre elles ont été licenciées après avoir refusé de signer un avenant à leur contrat de travail qui élargissait leur zone géographique d’intervention dans les écoles. Une situation ubuesque pour les syndicats qui dénoncent plus généralement des conditions de travail « indignes » pour ce personnel éducatif.
Comment expliquer cette pénurie de candidats aux postes d'AESH ? Il faut comprendre que les conditions de travail sont particulièrement éprouvantes. Dans le premier degré, les AESH sont payés au SMIC horaire, mais contraints à un temps partiel de 24 heures par semaine, qui correspond au temps de présence à l'école des élèves dans cette tranche d'âge. « Avec 62% d'un SMIC, on ne vit pas vraiment, d'autant plus que les AESH n'ont pas de prise en charge de leurs frais de déplacement » précise la secrétaire CGT Éduc'action. En Ille-et-Vilaine, avant septembre 2025, les AESH étaient répartis dans une quarantaine de « Pôles Inclusifs d'Accompagnement Localisés (PIAL) », avec un périmètre réduit. Maintenant, ils sont divisés en 19 circonscriptions beaucoup plus grandes. Certaines ont refusé ce changement et c'est pour ça qu'elles ont été licenciées ».
Une proposition de loi pour « fonctionnariser » les AESH avait été proposée l'année dernière, afin de leur permettre « une prise en charge au moins partielle de leurs frais de déplacement, une stabilité de l'emploi et la reconnaissance d'un temps plein qui prendrait en compte les heures de réunions et de préparation en plus des heures en face à face avec les élèves » détaille Sophie Ollivier. Cette proposition de loi a été rejetée par le Sénat le 7 janvier dernier. La CGT Éduc’action espère bien que l’idée reviendra sur la table, peut-être à la faveur des prochains scrutins nationaux, y compris l’élection présidentielle.
L'intersyndicale se dit déterminée faire valoir ses revendications. « Il reste 15 jours avant les vacances pour continuer la mobilisation si les personnels le décident », affirme Sophie Ollivier qui, aux côtés de ses collègues syndicalistes, souhaite obtenir une audience avec la rectrice. Avec les conditions de travail des employés, ce sont les conditions d'accueil et d'apprentissage des élèves que les syndicats souhaitent défendre.
Contacté, le rectorat n'avait pas encore donné suite à nos sollicitations au moment de la publication.
Noah Gaume

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