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Si elle empêche le pacte républicain de se conclure, la réforme des retraites devra être mise de côté ”

Gilles Le Gendre - Président du groupe LREM à l’Assemblée nationale
14 avril 2020 | Mise à jour le 6 mai 2020
Par | Journaliste
Contestée par plus de la moitié des Français pendant des mois, objet de mobilisations syndicales à répétition et d'une intense bataille parlementaire, suspendue par le président de la République en raison de la pandémie de Covid 19, la réforme des retraites suscite désormais des interrogations chez Gilles Legendre, le chef de file des députés LREM.

Dans un entretien au Journal du Dimanche du 12 avril, le président du groupe LREM à l'Assemblée nationale s'inscrit dans « l'après » crise sanitaire qui « ne sera pas l'avant » mais « ne sera pas le “grand soir” ». Venant de lui, le contraire aurait surpris. S'il laisse au président de la République — qui s'est exprimé le lendemain — le soin de dessiner la « vision » de la majorité pour « l'après », Gilles Le Gendre plaide d'ores et déjà en faveur d'un « nouveau pacte républicain ». Celui-ci « reposerait sur trois piliers : le redémarrage de l'économie, de nouvelles solidarités et protections, et la transition écologique ».

Suspendre la réforme des retraites était vraiment le minimum dans la situation actuelle

Ainsi, comme il y a eu un acte 2 du quinquennat d'Emmanuel Macron après la « crise » des Gilets jaunes, un acte 3 suivrait la crise liée au Covid 19. Mais avec la méthode d'avant : celle du « grand débat » « en plus ambitieux ». Et rebelotte ! On n'a pas fini de voir le président monter sur scène. L'objectif annoncé est de construire le nouveau pacte dans « le consensus le plus large avec les forces politiques, les élus locaux, les syndicats, les associations et les citoyens ».

Et Gilles Le Gendre de préciser qu'une « réinitialisation des relations avec les partenaire sociaux » s'impose plus que jamais, la réforme des retraites ayant « montré à quel point notre démocratie sociale est épuisée ». Nous y voilà : « entre deux réformes utiles, il faudra toujours choisir celle qui rassemble les Français. Si elle empêche le pacte républicain de se conclure, la réforme des retraites devra être mise de côté », lâche le patron des députés LREM.

Évidemment : envisageant que la majorité se prévale désormais du « compromis » plutôt que de « l'affrontement », il lui faudra bien lâcher sur quelque chose. Va donc pour la retraite par points voulue par Emmanuel Macron qui, depuis son lancement, est impopulaire.

Mais ce sera insuffisant. Quid de la réforme de l'assurance chômage qui elle aussi a été suspendue ? La situation de centaines de milliers de précaires sera telle à la sortie de la crise sanitaire, qu'il faudrait purement et simplement l'abandonner elle aussi. Quant à l'hôpital, si « un plan d'investissement massif » est « acté » comme le dit Gilles Le Gendre, il faudra, assure-t-il, « poursuivre la réforme déjà engagée du système de santé » car « ce n'est pas qu'affaire d'argent ».

Loin des attentes des personnels de santé et de leurs syndicats. Quant à prétendre qu'une loi dépendance, certes indispensable, « illustrerait parfaitement les nouvelles solidarités », c'est très maigre. Comme quoi, évoquant les « Jours Heureux », Emmanuel Macron pourrait bien s'être payé de mots. Tant sa politique est éloignée des intentions du programme du Conseil national de la Résistance.

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