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Guerre au Moyen-Orient

Volontaires mais bloqués : l'heure est à la vigilance pour les marins du Golfe persique

10 avril 2026 | Mise à jour le 10 avril 2026
Par | Photo(s) : Julien De Rosa / AFP
Volontaires mais bloqués : l'heure est à la vigilance pour les marins du Golfe persique

Le trafic dans le détroit d'Ormuz le 4 mars 2026.

Certes, un cessez-le-feu a été signé le 7 avril entre les États-Unis et l’Iran. Mais quelque 20 000 marins demeurent bloqués dans le Golfe persique, attendant de pouvoir franchir en toute sécurité le détroit d'Ormuz, où passent en temps de paix, 130 navires par jour. Parmi eux, plusieurs dizaines de Français volontaires.

En dépit du très fragile cessez-le-feu dans la guerre que livrent les États-Unis à l'Iran depuis le 28 février 2026, quelque 3000 navires demeurent bloqués dans le Golfe persique, attendant de franchir le détroit d'Ormuz – qui sépare l’Iran des Émirats arabes unis – en toute sécurité. « Sont encore bloqués une cinquantaine de navires sous intérêt français », selon le service communication d'Armateurs de France, encore plus laconiques qu'à leur habitude. Les compagnies maritimes CMA-CGM, Bourbon, Louis Dreyfus Armateurs ont encore une flotte dans cette partie du monde, où transitent en temps de paix 35% des exportations mondiales de pétrole brut, 15% de produits raffinés et 12% de gaz naturel liquéfié selon le ministère des Armées.

À bord de ces 3000 bateaux, environ 20 000 marins attendent de pouvoir rejoindre leurs proches, parmi lesquels entre 27 et 50 marins français, selon des sources variables entre la Direction générale des affaires maritimes et la CGT. « Les marins qui souhaitaient faire valoir leur droit de retrait ont tous pu le faire. Sont sur place ceux qui se sont portés volontaires pour rester ou pour relever d'autres marins », nous confie encore Armateurs de France.

Le salaire de la peur

Un propos corroboré par Emmanuel Chalard, secrétaire général de la CGT des officiers de la marine marchande. « Lorsque les navires se sont retrouvés bloqués après le début de la guerre, décision a été prise de les mettre en sécurité dans les eaux territoriales des pays du golfe (Bahrein, Emirats arabes unis, Qatar). Et dans les deux semaines qui ont suivi, les marins qui le souhaitaient ont été rapatriés ». Notamment, des officiers élèves, le personnel jugé non indispensable ont été rapidement évacués, parfois d'une manière rocambolesque, après avoir roulé plusieurs heures dans le désert pour atteindre un aéroport sûr.

Ont ensuite été envoyés sur place, considérée comme une zone de guerre, uniquement le personnel volontaire, moyennant le doublement de leur salaire de base. « Notre rôle est de nous assurer que ces officiers de la marine marchande sont bien volontaires, que les employeurs ont bien mis en place une prévention des risques professionnels en zone de guerre. Nous avons aussi alerté les autorités françaises pour mettre à disposition des armateurs des fonctionnaires habilités défense qui assurent une liaison constante avec les navires », ajoute Emmanuel Chalard.

Voies minées

De son côté, l'organisation maritime internationale, par la voix de son secrétaire général, Arsenio Domingez, a exhorté les États à soutenir les efforts diplomatiques visant à assurer l'évacuation des marins toujours bloqués dans le Golfe persique et à mettre en place des couloirs humanitaires pour l'acheminement de l'aide d'urgence. L'entité onusienne, qui alerte sur la diminution des réserves, la fatigue et le stress psychologique important des marins civils restés à bord, souhaite notamment vérifier que les voies de navigation ne sont pas minées.

Depuis le début du conflit le 28 février 2026, l'OMI a confirmé 21 attaques contre la navigation commerciale, ayant entraîné la mort de dix marins et en ayant gravement blessé d'autres. En temps de paix, 20,9 millions de barils et 130 navires par jour passent par le détroit d'Ormuz.