16 octobre : défendre la Sécu
Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale présenté par le gouvernement pour 2015 repose sur de nouvelles coupes budgétaires. Moins 3,2 milliards pour l’assurance maladie, moins 700 millions pour la branche famille. Pourquoi c'est contre-productif. "
Publié le 6 octobre 2014, modifié le 7 août 2026
Le gouvernement a présenté le 29 septembre le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2015, qui repose sur de nouvelles coupes budgétaires. Aux 3,2 milliards d’économie sur l’assurance maladie s’ajouteraient 700 millions sur la branche famille. Des perspectives qui rendent d’autant plus nécessaire la mobilisation nationale du 16 octobre.
D’abord, l’annonce des déficits. Comme pour préparer le terrain. Comme toujours, celui des restrictions. Le déficit des quatre branches de la Sécurité sociale (maladie, accidents du travail et maladies professionnelles, famille, vieillesse), initialement prévu sous le seuil de 10 milliards en 2014, devrait atteindre environ 11,7 milliards, retardant l’objectif d’un retour à l’équilibre. Ensuite, le remède.
La ministre de la Santé, loin d’envisager de nouvelles recettes, – les cotisations patronales, au contraire, sont réduites –, annonce une nouvelle purge, dont les salariés, les familles, feront les frais les premiers. Marisol Touraine affirme qu’il n’y aura pas de déremboursement ni de réduction de la prise en charge des soins, mais le gouvernement vise 3,2 milliards d’économies sur la branche maladie et environ 700 millions d’euros sur la branche famille pour 2015. Au grand bonheur du Medef.
USAGERS, SALARIÉS, FAMILLES SONT AMENÉS À PAYER LA FACTURE DU PACTE DE COMPÉTITIVITÉ
Par ailleurs, le gouvernement souhaite réduire la prime à la naissance, versée sous conditions de ressources. De 923,08 euros par enfant, elle passerait à 308 euros à partir du deuxième enfant (pour les enfants nés à partir de 2015). Il veut aussi que la majoration des prestations familiales concerne non plus les enfants à partir de 14 ans, mais de 16 ans.
L’allocation de base de la prestation d’accueil du jeune enfant versée mensuellement sous conditions de ressources de la naissance de l’enfant jusqu’à ses 3 ans ne serait versée qu’à partir du mois suivant la naissance. Concernant les aides à la garde d’enfants, il ne remet pas en cause l’accès de tous aux prestations, garantie de la participation de tous à un système solidaire. En revanche, il prévoit de créer une quatrième tranche censée rendre la prestation plus progressive.
Usagers, salariés, familles sont donc amenés à payer la facture du pacte de compétitivité et des milliards attribués non pas aux entreprises en tant que telles, mais au patronat, de qui n’est pas exigé qu’il investisse ces aides dans l’outil productif, la recherche, le développement, la formation, les salaires, l’emploi qualifié, la prévention contre le « mal-travail », plutôt que dans les dividendes des actionnaires. Les moyens de mettre un terme à la fraude aux cotisations sociales, laquelle, selon la Cour des comptes, aurait atteint 20 à 25 milliards d’euros en 2012, ne sont pas plus mis en œuvre. Des fraudes, rappelle la CGT, imputables aux employeurs qui usent et abusent du travail dissimulé, des heures supplémentaires non payées et des contrats précaires.
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