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mobilisation

8-Mars : à Paris, la manifestation pour les droits des femmes débarrassée du collectif Némésis

5 mars 2026 | Mise à jour le 5 mars 2026
Par | Photo(s) : AFP
8-Mars : à Paris, la manifestation pour les droits des femmes débarrassée du collectif Némésis

Le collectif Némésis ne perturbera pas le 8-Mars cette année.

Des syndicats – au premier rang desquels la CGT -, des associations féministes, comme Osez le féminisme, ou encore le Planning familial l’avaient demandé, c’est chose faite : le collectif d’extrême droite Némésis ne sera pas présent dans la manifestation pour les droits des femmes le dimanche 8 mars. C’est la présidente de ce groupe identitaire, Alice Cordier, qui l’a annoncé à l’AFP ce jeudi 5 mars, à l’issue d’échanges entre les organisatrices des différents rassemblements et la préfecture de police. À la place, les fémonationalistes de Némésis et leurs partisans devront se contenter de se réunir dans le très bourgeois quartier d’Auteuil, loin de la marche.

Le collectif d’extrême droite Némésis a annoncé ce jeudi 5 mars qu’il ne serait pas présent à la manifestation parisienne du 8 mars, journée internationale des droits des femmes, et qu’il organiserait son propre rassemblement après que des organisations féministes et des syndicats ont demandé l’interdiction de sa présence dans le cortège. « Pour le 8 mars 2026, le collectif Némésis organise un hommage aux victimes, en remplacement de son cortège habituel dans la manifestation Nous Toutes », a indiqué sa présidente Alice Cordier, dans un message transmis à l’AFP.

La manifestation féministe et syndicale est prévue de la place Stalingrad à celle de la République à partir de 14H00. « À l’appel du collectif Némésis » se tiendra aussi « un rassemblement statique place Jean Lorrain », dans l’ouest de la capitale, une décision prise à l’issue d’un « dialogue avec les organisateurs des différents rassemblements (…) afin de concilier la liberté de manifester et la sécurité de l’ensemble des publics », a précisé la préfecture de police de Paris.

La fin des intrusions

La préfecture de police avait reçu mercredi des associations qui avaient demandé, dans une lettre adressée au ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez le jeudi 26 février, l’interdiction de ce collectif identitaire à la manifestation. Les signataires de la lettre ouverte – la CGT, la CFDT, l’Unsa, Solidaires, la FSU, le Planning familial ou encore Osez le féminisme – avaient souligné que, depuis plusieurs années, les manifestations organisées pour le 8 mars sont « perturbées par la participation de Némésis ».

Le collectif Osez le Féminisme a dénoncé jeudi « les intrusions répétées de militantes de Némésis dans des rassemblements, des manifestations et des événements féministes », leurs « accointances avec des groupuscules identitaires » et une « instrumentalisation du discours féministe à des fins racistes » qui est, selon l’organisation, « la définition du fémonationalisme ».

Un contexte politique qui a pesé

« La situation politique demandait à ce que nos demandes soient entendues. On reste prudentes. On n’est pas à l’abri que d’autres groupes du même type de Némésis veuillent s’approcher de nos manifestations », a réagi auprès de l’AFP Suzy Rojtman, porte-parole du Collectif national pour les droits des femmes (CNDF), qui fait partie des organisateurs de la manifestation parisienne de ce dimanche 8 mars. « On veut pouvoir manifester sur nos propres mots d’ordre et valeurs », a-t-elle ajouté.

La situation politique en question est évidemment liée aux événements survenus à Lyon mi-février. Le 14 février, le militant d’extrême droite radicale Quentin Deranque, âgé de 23 ans, est mort après avoir été violemment frappé au cours d’une bagarre qui avait eu lieu deux jours plus tôt. Il était venu assurer la sécurité de militantes de ce même collectif Némésis qui manifestaient contre la venue de l’eurodéputée LFI Rima Hassan pour une conférence à Sciences Po Lyon. Dans le cadre de l’enquête ouverte pour faire la lumière sur les faits, six hommes soupçonnés d’avoir frappé à mort le militant néofasciste ont été mis en examen pour « homicide volontaire » et un assistant du député LFI Raphaël Arnault pour « complicité ».